beaux livres : photo, architecture, art

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The Donkey that became a Zebra: Darkroom stories

Vers 2005, Michel Campeau, sensible au virage numérique, entreprend de photographier les chambres noires, ces laboratoires qui constituent les fondements d’une photographie argentique en voie de disparition. Parallèlement, il collectionne la photographie vernaculaire et poursuit son travail créatif à travers la photographie des autres, constituant des collections de photographies anonymes ou de fonds qu’il déniche sur Internet ou au gré de ses déplacements.

Il effectue dans ce livre une sorte de montage temporel à partir de ces documents pour beaucoup déjà introuvables. Il mêle ses propres photographies à celles qu’il s’approprie, constituant une histoire de la photographie argentique tout en tissant sa propre autobiographie photographique.

Joan Fontcuberta analyse dans son texte l’œuvre de Michel Campeau.

Le Pays du lac

Guidé par le souvenir d’une femme à corps de serpent, aperçue à l’automne 1976 dans une baraque de la foire de Negreni (Transylvanie), Emmanuel Raquin-Lorenzi entreprend d’explorer les divers ordres de représentation et d’expression qu’on peut recueillir parmi les populations du bassin des trois Cris (le Rapide, le Noir et le Blanc), rivières de montagne qui délimitent le pays du Lac, au nord-ouest des Carpates roumaines.

Une enquête ethnographique de terrain menée pendant plus de vingt ans permet au narrateur de conter sa progressive découverte des mouvements de pensée propres aux populations mélangées de ce vieux pays. Ce livre propose en fin d’ouvrage une petite anthologie de textes d’écrivains de cet étrange pays.

Mais en fermant le livre, le lecteur ne discernera peut-être plus ce qui sépare la réalité d’une certaine fiction. Il se demandera même qui est vraiment Emmanuel Raquin-Lorenzi…

La nuit craque sous nos doigts

La nuit craque sous nos doigts reprend plusieurs années de photographie de Sarah Ritter. Cette première monographie de la photographe est accompagnée d’une pièce de théâtre inédite de Christophe Fiat composée à partir des photographies du livre.

Sarah Ritter ne travaille pas par anticipation, mais par « occasions », arpentage de terrains divers, sans savoir précisément à l’avance ce qu’elle cherche. Ces occasions lui permettent d’accumuler un certain nombre d’images qui, peu-à-peu, trouvent leur place dans son œuvre et s’articulent ensemble. Elle cherche un point de bascule entre le visible, le montré dans l’image, et ce qu’on ne voit pas. Au cœur de cette intention aveugle, le montage des images entre elles devient comme un chœur, équivocité affirmée.

MIOVENI

Mioveni est une ville en Roumanie située entre Bucarest et les Carpathes. Après la chute du communisme, la ville a pu survivre grâce à l’industrie automobile. Tous les habitants vivent aujourd’hui au rythme de l’usine. Pendant près de trois ans, la photographe Anne Leroy et la journaliste Julia Beurq ont accompagné le quotidien des habitants de Mioveni rapportant images et récits plongeant le lecteur dans l’intimité d’une vie ouvrière.
Cet ouvrage restitue leur immersion sur le terrain dans cette ville ouvrière qui, avec le rachat de Dacia par Renault il y a quinze ans, semble avoir échappé au sort des autres cités mono-industrielles tombées en ruine après la chute du communisme.

Lunacy

Le photographe Meyer (du collectif Tendance Floue) nous livre une histoire inédite et personnelle, celle de Lunacy, une rave Party emblématique des débuts du mouvement House et Techno en France. Témoignage rare de ce courant important de contre culture, Lunacy est avant tout l’histoire d’une fête et d’une rencontre avec la créativité et l’anticonformisme du monde underground. Huit rendez-vous ont eu lieu entre 1993 et 1995 dans un entrepôt de Genevilliers-port. L’enjeu n’est pas de faire un simple retour sur cette époque, mais de questionner la portée et le poids de la contre culture dans nos sociétés contemporaines, sa radicalité politique.

Un texte très personnel de Meyer ouvre l’ouvrage ainsi qu’une introduction à la House et à la Techno par le journaliste de Télérama Erwan Perron.

Pour vivre ici

Sophie Zénon a développé une recherche autour du site du Hartmannswillerkopf (HWK), rebaptisé « Vieil Armand » après guerre, dans le massif des Vosges. Elle y questionne la notion de restitution de la mémoire d’un lieu de conflit de la première guerre mondiale.
Paysages « vibrés », lumières éblouissantes, superpositions de documents d’archives et d’éléments naturels réalisées in situ constituent la trame d’une écriture photographique personnelle pour rendre compte tant de « l’esprit des lieux » que de la manière dont les hommes ont aujourd’hui appris à vivre avec cette forêt chargée d’Histoire.

Le livre est traversé par les voix de Raoul Ermel, menuisier au plus près de l’esprit de cette forêt et des extraits du journal écrit par l’aspirant Henri Martin vivant ces lieux durant la Première guerre mondiale.

MARRONNAGES

Cet ouvrage réunit une sélection d’avis de recherche d’esclaves marrons (avis de marronnage) parus dans la Gazette de la Guadeloupe entre 1788 et 1847. Ces annonces de tentatives de fuites, de périlleuses échappées publiées au milieu d’autres annonces (prix du café, du sucre ou du coton), par leur banalité, renforcent la violence ordinaire vécue par les esclaves aux XVIIIe et XIXe siècles. Les photographies de Bernard Gomez, en noir et blanc accompagnent cet ensemble d’archives, à travers les paysages de Guadeloupe, autant d’empreintes, de traces de récits effarés… Les avis de recherche sont reproduits en fac-similé sur fonds noirs.

Un texte de présentation de Sylvaine Dampierre ouvre l’ouvrage et un glossaire rédigé avec Frédéric Régent au centre du livre apportent un regard plus historique et pédagogique sur certains termes utilisés dans les annonces.

Captures

La première monographie de l’artiste Alix Delmas.

Cet ouvrage revisite plus de 200 œuvres regroupant photographies, sculptures, objets d’architecture, vidéos et dessins, accompagnées de textes de Paul Ardenne, Anne Bertrand, Jean-Jacques Larrochelle et Barbara Wally.

« Dès ses débuts, à la fin des années 1990, l’œuvre plastique d’Alix Delmas se distingue par ce qui va y devenir une topique majeure, un aspect récurrent, comme obsessionnel : déplacer les corps humains – son propre corps, ceux de ses modèles plus les nôtres, spectateurs (-trices), par analogie – en les positionnant de façon inattendue. » Paul Ardenne

À l’occasion de la parution prochaine de la monographie d’Alix Delmas, Captures, vous pouvez acquérir en édition limitée 1 exemplaire de l’ouvrage accompagné d’une sculpture en plâtre originale, numérotée et signée par l’artiste.

Industrie

L’inventaire d’Île-de-France a depuis 40 ans cherché à déconditionner le regard sur l’industrie, appliquant aux usines les normes de prises de vues réservées jusqu’alors aux cathédrales. Peu à peu, cette iconographie du bâti, de la friche à la reconversion, s’est étoffée de gestes de travail et d’une prise en compte résolue de l’humain dans son rapport au travail.
Fort de ces milliers d’images produites, ce troisième opus de la collection « Ré-inventaire » propose un cheminement neuf et décalé dans cette aventure industrielle, sorte de travelling historique sur quarante années de pratique photographique. Depuis plus de 30 ans, les photographes de l’Inventaire suivent et alimentent la recherche des chercheurs en patrimoine industriel, sur l’ensemble du territoire.

Lycées

Au-delà de leur architecture et de leur forte emprise dans le territoire, les lycées sont des lieux de vie essentiels pour ceux qui les fréquentent, les lycéens d’abord mais aussi les enseignants et tous les personnels nécessaires à leur bon fonctionnement. Peut-on encore inventorier et rendre compte de ce lieu de vie, d’apprentissages formels ou informels, ce lieu de confrontation, de parades, d’individuation, de socialisation, de frayage, ce lieu d’imprégnation en le réduisant à l’analyse formelle de son architecture ? Que regarde t-on ? Que voit-on ? Sans pour autant répondre à l’ensemble de ces questions, le dialogue tissé entre les chercheurs et les photographes, permet de questionner les contours de ce qu’est un équipement public : des salles de classe vides aux portraits des lycéens ou personnels d’entretien, des ateliers de carrosserie aux bibliothèques patrimoniales, des couloirs aux parcs arborés…