beaux livres : photo, architecture, art

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Altinha

L’Altinha est un jeu populaire qui se joue sur les plages de Rio de Janeiro : Ipanema, Leblon, Copacabana, Leme, etc. Ce jeu consiste à garder la balle en l’air, sans que les joueurs ne puissent utiliser leurs mains. Ce sport carioca par excellence est apparu dans les années 1960 et se joue, de préférence, près de l’eau, là où les pieds ne risquent pas d’être brûlés par le sable chaud. Tanara Stuermer poursuit : « J’ai toujours aimé regarder ce sport. Dès le début, j’ai trouvé magnifique l’esprit de solidarité qui relie les joueurs. Ils ne sont pas en compétition. Il n’y a pas de rivalité. Ils ont tous un même objectif ludique : ne pas laisser la balle toucher le sol. » Tanara Stuermer voit dans ces scènes sportives, rythmées par les déplacements des corps et des ballons, de véritables chorégraphies qu’elle essaie de restituer dans ses images. Elle réalise ainsi des expérimentations en superposant des papiers calque apportant une diffraction et une décomposition du mouvement, à l’instar d’un Eadweard Muybridge ou d’un Étienne-Jules Marey. Altinha est un véritable livre-objet jouant de la transparence d’un papier fin pour restituer les recherches formelles de l’artiste.

Politique de la représentation

Politique de la représentation met à jour l’ensemble des projets réalisés en commun depuis vingt-cinq ans par le photographe Philippe Bazin et la philosophe Christiane Vollaire. Cette association de travail, entre photographie documentaire critique et philosophie de terrain, n’a pas d’équivalent en France et couvre le premier quart de ce XXIe siècle L’ouvrage n’entend pas faire le catalogue des différents projets, mais plutôt montrer comment ceux-ci sont reliés par des préoccupations communes de l’actualité contemporaine : la question esthétique dans sa relation au politique (faire du commun), traversée de nos jours par les processus de globalisation.
Le livre se déploie en cinq chapitres :

  1. Habiter : interroge la part revendiquée pour tous
    au territoire à travers la parole de ceux qui proposent
    des alternatives aux décisions industrielles
    ou urbanistiques.
  2. Migrations : met en évidence les effets destructeurs des politiques migratoires et les manières de s’y affronter.
  3. Résistances et protestations : porte sur la force des fraternités paradoxales qui se forment lors des mouvements de protestation.et des soulèvements.
  4. Solidarités : montre comment se fédèrent des initiatives de contre-conduites face aux menaces qui pèsent sur les politiques sociales.
  5. Histoire : questionne l’ancrage de l’actualité dans l’Histoire des luttes pour les droits.

Il s’agit avant tout de donner pleinement sa place à la photographie, dans la relation qu’elle entretient autant avec la parole des premiers concernés qu’avec la réflexion philosophique qui s’y engage, pour ouvrir quelques perspectives sur des réels et des possibles du monde contemporaine. Les textes de la philosophe – et la parole des personnes avec qui elle s’est entretenue donnent ainsi aux images leur juste résonance, jamais illustrative.

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FIGURES FLEURS FORÊTS

Jean Luc Tartarin emprunte à l’histoire de la photographie des images qu’il va reproduire dans un fichier qu’il nomme «premier» et à partir duquel il peut expérimenter différents interventions jusqu’à obtenir les œuvres qu’il juge abouties.
Lorsqu’il se saisit d’une photographie ancienne, de nature argentique, une fois scannée, elle devient comme un négatif. Le fichier brut, d’une nature particulière, permet à Jean Luc Tartarin d’entreprendre un travail de construction d’une nouvelle image dans une sorte d’alchimie digitale. 
Après ce long travail d’invention, mêlant plaisir et lutte avec la matière virtuelle, le fichier final va s’incarner dans la matérialité d’un tirage sur papier chromogène.
Dans son  processus de travail, le tableau élaboré ne doit pas permettre de percevoir les pixels dont l’image est constitué. Seules les matières, comme un tableau peint, doivent être visibles.
Le livre s’organise autour de trois grands ensembles iconographiques : les figures, les fleurs, et les forêts. Ce dernier sujet ayant toujours été important dans la recherche photographique que l’artiste mène depuis plus de cinquante ans.

African Memories

Cameroun, Mali, Niger, Burkina Faso, Nigéria, Algérie… Dans cette œuvre profondément personnelle, Jean-Christophe Béchet revient trente-cinq ans en arrière sur ses premiers pas de jeune photographe. Ce travail au long cours (trois ans d’immersion) qu’il appelle affectueusement « mes années africaines » aurait dû être son premier livre, mais sa vie personnelle et photographique en ont décidé autrement.

Peu d’images ont circulé, la majorité était restée toutes ces années dans des boîtes d’archives. Aujourd’hui, il a retravaillé sa sélection en cherchant à trouver un nouveau rythme. Il constate : « En vieillissant, les images changent de statut, certains souvenirs s’estompent, d’autres prennent la relève, certaines images s’imposent avec plus de force, d’autres deviennent répétitives et un peu « cliché ». Il faut arriver à naviguer entre une forme de nostalgie (inévitable, la photographie est aussi l’art du passé) et une volonté de construire une œuvre contemporaine avec des photographies qui ont plus de 35 ans ».

La plupart des territoires présents dans African Memories ne sont plus accessibles pour un visiteur français, ou européen. Le Mali, le Niger, le Burkina Faso, ces pays qui l’ont si bien accueilli avec son sac à dos sont aujourd’hui des lieux fermés. Cet ouvrage est un vibrant hommage à l’Afrique d’un photographe passionné.

Middle of Nowhere

C’est en 2003 dans le cadre singulier de la ville fantôme de Cook, en Australie, que Laurent Mulot a « implanté » le premier Centre d’art contemporain fantôme de Middle of Nowhere avec les deux seuls habitants de cette petite ville. Ce livre est une monographie revenant sur plus de 20 années de recherche et de rencontres aux quatre coins du monde qui ont progressivement permis à l’auteur de rentrer en collaboration avec des astrophysiciens sur la notion du « Milieu de Nulle part ».

L’œuvre a été analysée par le critique et historien de l’art contemporain Paul Ardenne.

En cas de doute : Horizon 6

Ce coffret réunit en 8 éléments (livres, leporello, affiches) une expérience exceptionnelle à la croisée de l’art contemporain et de l’archéologie. En 2014, l’artiste Mirela Popa a commencé un projet autour des fouilles archéologiques menées à Ivry Confluence, notamment sur les terrains des anciens dépôts du BHV, et des campagnes de fouilles préventives organisées sur des sites datant du néolithique, voués à disparaître en raison des nécessités de l’expansion urbaine. Au plus près des archéologues, le travail de l’artiste a donc été marqué par une chronologie extensible : d’un territoire en mutation à un autre, du néolithique à la période contemporaine.

Running away into you

Running away into you est le premier livre du jeune réalisateur portugais Mário Macedo. Sous la forme d’un témoignage intime, cet ouvrage fait le récit d’une déambulation amoureuse de près de dix ans, de rencontres enfumées et de fêtes entre Zagreb, Berlin, Copenhague ou Lisbonne, tels des instantanés d’une jeunesse européenne cherchant à ralentir le rythme de nos sociétés capitalistes.

Gangsta Dating Story

Ce travail photographique est un témoignage de la culture des gangs américains qui glorifient l’argent facile, la défiance envers l’autorité et la drague sauvage. Pendant les mois que Souhayl A a passé en Floride, il a essayé de documenter et décoder de l’intérieur le quotidien de Sex, Money & Murder, l’un des gangs les plus violents au monde.

L’arbre-machine

Sylvie Bonnot mène depuis plusieurs années une recherche plastique et documentaire autour des forêts françaises, collectant des images en métropole et en Guyane. Les grands écarts qui les caractérisent sont ici mis en relation pour témoigner d’une complexité paysagère et industrielle.

« De la forêt proche, en Bourgogne ou en Savoie, elle a cherché à mesurer
et à transcrire la confrontation avec l’humain, tant dans l’exploitation forestière que dans l’aménagement hydroélectrique. […] elle met en exergue la relation flore, faune, humanité dans ce qu’elle a d’indomptable. Les machines et les installations se conjuguent au monde organique de manière brutale mais toujours poétique, traversées par la mue du serpent, animalité fuyante.
Sous ce nom (mue), Sylvie Bonnot métamorphose depuis près d’une décennie des tirages photographiques en séparant la gélatine, sur laquelle l’image s’est formée, de son support de papier pour donner naissance à un monde hybride. » (extrait du texte de Sophie Eloy & François Michaud)


L’ouvrage s’ouvre ainsi sur un large ensemble de ces « mues », créations photographiques élaborées à partir d’une solide recherche documentaire sur les différents états et exploitation de la forêt aujourd’hui. Il se poursuit sur ce que nous avons nommé un petit atlas de la forêt, permettant au lecteur de découvrir et de suivre le cheminement de la recherche documentaire qui a permis à l’artiste de constituer ces œuvres.