beaux livres : photo, architecture, art

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La reine de la patate ou les cantines du détour

Françoise Chadaillac part au Québec en 1979 pour préparer une thèse, avec photos à l’appui, sur les espaces urbains. Sur place, elle est intriguée par de petites baraques en bois et autres véhicules recyclés qui, posés au bord de la route, proposent hamburgers, hot dogs et frites. Véritables institutions, on les appelle les « stands à patates frites ».
« Photographier ces “stands” m’a fait découvrir un phénomène de société, bien spécifique au Québec, véritablement ancré dans la vie des Québécois. Et comme me le dira quelqu’un au cours de mes rencontres : “Y a pas un Québécois qu’y a pas un stand à patates dans l’coeur ! ” À chacun son stand et sa meilleure patate, sa meilleure poutine, son meilleur hot-dog ou son meilleur pogo ! Mais surtout, j’y ai rencontré une petite parcelle d’humanité magnifique, simple, lucide, pleine d’humour, qui, nous parlant d’elle, nous parlait de l’humanité tout entière. Les paroles glanées au cours de mes prises de vue ont modifié mon projet et me sont apparues aussi indispensables que les images. »

En l’état

En l’état est un travail évolutif, un work in progress, commencé le 13 juillet 1999 après que Franck Gérard ait failli mourir. Depuis cette date, la pratique photographique de l’artiste a radicalement changé : l’image est devenue un acte vital, incessant, et les milliers de photographies accumulées sont venues constituer un état du voir le monde, posant également un état du monde. La notion de l’abondance, du trop plein d’images affirme une présence au monde fondée dans la perception. À travers une observation aussi méthodique qu’hasardeuse du réel, liée à la déambulation de l’artiste dans l’espace public, Franck Gérard capte des situations, sans a priori ni préalable : offrant juste “ce qu’il voit”. Plus observateur qu’interventionniste, l’oeil du photographe dresse, territoire après territoire, ville après ville, un véritable lexique à vocation universel où le moindre geste incongru, la moindre situation banale ou extraordinaire, le moindre incident, sont répertoriés comme autant d’états constituant notre quotidien, et à travers lui, le mouvement même du monde tel qu’il va, tel qu’il est.

Kinderszenen

Kinderszenen est un ouvrage de photographies qui invite à un voyage onirique et poétique autour de la question de l’autisme et de l’enfance. Ponctués par les textes de la poétesse Babouillec et par une postface de l’écrivain-philosophe Josef Schovanec, ce livre de contes convie le spectateur à entrer dans l’univers mystérieux de ces enfants particuliers.

Agoras contemporaines

Des mouvements Occupy et Maidan sur les places historiques des villes du monde entier à l’occupation des ronds-points par les gilets jaunes en France, de l’accueil des migrants à Calais à la lutte contre l’habitat indigne à Marseille, une même aspiration démocratique a pour lieu l’espace public. Artistes, designers, architectes, urbanistes, géographes, sociologues, philosophes, les auteurs réunis dans cet ouvrage défendent ainsi cette conviction commune : loin d’être en crise, l’espace public contemporain témoigne au contraire d’une grande vitalité.

Déjà paru dans la même collection :

Le Chanvre, matière à transitions

In Between

La Fabrique à écosystèmes

Paysages variations

Machines de guerre urbaines

Biomimétisme

Datalogie

Le discours sur la fenêtre

« Il existe au moins deux façons de faire l’histoire de la photographie, 
celle des historiens et celle des photographes. Le Discours sur la fenêtre correspond à la seconde : une histoire en archipel plus qu’une chronologie, une histoire où les hiérarchies se distendent au profit d’intuitions puissantes et d’affirmations de goûts : une histoire de conviction. Cette façon personnelle d’envisager l’histoire de la photographie n’est toutefois pas un simple geste (esthétique et critique) ; il s’agit dans l’esprit de Gilles Verneret de constituer une sorte de manuel non autoritaire pour les étudiants photographes, une boîte à outils, un ensemble de repères. » (Michel Poivert)

Paysages

De prime abord, le paysage francilien caractérisé par sa grande hétérogénéité, loin des montagnes et de la mer, tourne le dos aux grands paysages que le regard affectionne tant. L’épaisseur trop méconnue des paysages de l’Ile-de-France semble enfouie sous nos habitudes, celles des trajets quotidiens, des promenades du dimanche, des déplacements rapides… Pourtant, lacs, forêts séculaires, ruisseaux et rivières, champs à perte de vue, paysages bucoliques s’offrent à nos yeux pour peu que l’on s’y attarde…

Aujourd’hui apparentés aux monuments historiques et classés, près de 500 paysages sont protégés pour leurs qualités patrimoniales. Des parcs et jardins aux grands domaines, des forêts aux paysages industriels, des rives de la Seine aux champs encore cultivés, le paysage se répand, comme l’urbanisation sur laquelle il vient buter. C’est sous l’angle principalement des mutations de ces territoires, que les photographes de l’Inventaire vont, les premiers se frotter au paysage. A partir de ses lisières et de ses seuils, la photo révèle des permanences et des ruptures, composant ainsi des nouveaux territoires de contraste.

365 DEGRES (D’AMOUR)

Ethnographie poétique de l’amour.
Tout a commencé par un blog, 365degreesoflove, sur lequel, l’artiste Alice Khol a récolté des histoires d’amour qu’elle a fait dialoguer avec ses photographies.
 365 degrés comme 365 variations sur le thème. Il en existe des milliards, ce livre en est un nuancier Pantone. Prenant le pouls du quotidien, elle a collecté nos histoires d’amour qui se déclinent en anecdotes, font de nous des poètes, marquent nos corps à jamais ou le temps d’une soirée, au gré de lettres d’amour ou de conversations Tinder… L’amour qui gratte ou qui fait mal, qui nous apaise, nous transporte et nous transforme. Celui qui toujours nous fait vibrer. L’émotion capable d’engendrer toutes les autres.

Denis Darzacq

Depuis le milieu des années 1990, Denis Darzacq développe un travail personnel.
De la photographie de presse qui fut, comme pour d’autres photographes français de sa génération, le berceau de sa pratique artistique, il conserve avant tout un regard aiguisé sur la société contemporaine et une méthode. Denis Darzacq a acquis la conviction qu’une image construite pouvait servir son analyse de la société avec plus d’efficacité. Depuis 2003, il a recours à des mises en scène qui reposent toutes sur le principe de la « disruption » (méthodologie dynamique tournée vers la création). Par leur état ou leur pose, les corps mis en scène bouleversent l’ordre établi, sans jamais faire basculer l’image dans le spectaculaire.
L’ouvrage présente des photographies extraites de séries majeures du photographe. Notamment La chute et Hyper qui opposent deux réalités sans manipulations numériques, Act et Act II qui invitent à la réflexion autour de la complexité de l’individu, au-delà du statut assigné et réducteur de personne handicapée. Enfin, Recomposition et Contreformes font disparaître le corps au fur et à mesure des photographies pour laisser place à une réflexion de l’artiste sur l’abstraction.

Habana Song

Le photographe Jean-Christophe Béchet est allé à Cuba en 1990, au moment où les « Balseros » essayaient d’atteindre les côtes américaines, la Floride, sur leurs radeaux de fortune. Il est revenu à la Havane vingt ans plus tard, à la mort de Fidel Castro, découvrant une ville en pleine mutation. Les voitures américaines sont toujours là mais devenues des taxis pour touristes, le long du Malecon, on rénove les bâtiments et fleurissent les bars de luxe…

Lui, a décidé de s’écarter de ce théâtre touristique, préférant se perdre dans des rues sombres, à la recherche de ces sensations cubaines : entre pauvreté et classe, ordre et anarchie.

Habana Song est une poésie visuelle qu’il joue en noir et blanc, loin des clichés et couleurs qui identifient habituellement Cuba. Une musique qui nous accompagne tout au long de cette déambulation photographique.

À L’ŒUVRE

L’atelier, dans la simplicité de sa réalité matérielle, relève de cette catégorie des « espaces autres » pensée par Michel Foucault, et n’existe qu’en tant que lieu imaginé, voie d’accès à l’univers mental d’un créateur. Lieu de création et de production, l’atelier se situe entre sphère privée et domaine public, et constitue un espace de légitimation parce qu’il est le lieu de représentation et de médiatisation d’un processus créatif.
Les photographies d’ateliers d’artisans et d’artistes présentés dans cet ouvrage, sans distinction des espaces entre métiers manuels et professions intellectuelles initiée dès le XVIe siècle, se donnent également à voir comme autant d’autoportraits de leurs occupants, que ceux-ci soient visibles ou qu’ils laissent les lieux les raconter.