beaux livres : photo, architecture, art

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S’IL N’Y AVAIT QU’UNE IMAGE

Hélène Mauri, infirmière et photographe, a demandé à des personnes vivant avec une maladie grave évolutive ou en fin de vie quelle serait la photographie qu’elles aimeraient voir, avoir. Nous avons sûrement tous un endroit privilégié dans notre vie,
 une personne, un objet peut-être. Elles ont la liberté de demander n’importe quelle photographie (paysage, portrait…). Suite à cette demande, Hélène Mauri leur propose d’aller réaliser cette photographie quelle qu’elle soit et où qu’elle soit, puis de leur en rapporter un tirage qui sera accroché au mur de leur chambre d’hôpital.
Le lecteur lit dans un premier temps le souhait de la personne, et découvre à la page suivante la photographie réalisée.

JOUE-LA COMME SAINT-OUEN-SUR-SEINE

Saint-Ouen-sur-Seine est une ville investie par le foot depuis plus d’un siècle. Des très jeunes qui tapent le ballon dans les cours des cités jusqu’au mythique stade Bauer et à l’Union sportive multisections audonienne, ce livre rend hommage à ceux dont le cœur bat au rythme du foot. Meyer et Denis Bourges, du collectif Tendance Floue, portent dans ce livre foisonnant, un regard d’auteur résolument neuf et sensible, explorant un large spectre de styles, d’une photographie documentaire à une photographie plasticienne. Des images d’archives émaillent également l’ouvrage.
L’écriture de Rémy Fière est variée et protéiforme, mélangeant les genres littéraires et les archives retrouvées, les portraits et les entretiens, les citations au son des slogans : toute une poésie naïve et brute qui entoure le monde du football.

Utopie Maladrerie

Le quartier de la Maladrerie, à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis est l’une des réalisations les plus remarquables de l’architecture urbaine de la fin des années 1970 imaginée par Renée Gailhoustet. Délaissant le modèle éculé des barres et des tours, l’expérience architecturale qu’elle mène à Aubervilliers ambitionne de changer le statut du logement social dans le tissu urbain.
Architecture futuriste mêlant béton, verre, terrasses végétalisées et formes angulaires, elle laisse une grande place à la circulation piétonne et à la végétation.

En 2017, l’artiste Julie Balagué s’y installe. Elle est allée à la rencontre des habitants, des passants et des associations du coin. Son travail mêle des photographies de l’ensemble architectural et des portraits des habitants.
De courts textes poétiques de la romancière Fanny Taillandier, inspirés des témoignages recueillis par la photographe, accompagnent la série d’images. En fin d’ouvrage est inséré un livret qui rassemble deux textes plus contextuels et théoriques de l’architecte Katherine Fiumani d’une part et de l’historienne de la photographie, Raphaële Bertho.

EN CONSTRUCTION

En construction vient clore un cycle de dix années d’atelier photographique documentaire autour du campus Artem mené par l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy (ENSAD Nancy). Cet atelier a été dirigé par la photographe et enseignante à l’ENSAD Nancy Andrea Keen.
Chaque année, des étudiants ont documenté l’évolution des lieux et du paysage urbain : depuis la première phase de destruction jusqu’à la fin du programme de construction et d’aménagement, l’ambition était de documenter l’évolution 
des lieux. Au fil des promotions qui se sont succédées depuis 2007-2008, les étudiants se sont relayés pour poursuivre et alimenter cette mission s’inscrivant aujourd’hui sur une décennie.

UN ARCHIPEL DES SOLIDARITÉS

« À ceux que les tempêtes politiques, qui menacent nos archipels, continuent de fracasser. À ceux qui ont la puissance solidaire d’affronter ces tempêtes. »
Cet ouvrage est issu d’un travail de terrain mené en Grèce entre juillet 2017 et janvier 2020 par la philosophe Christiane Vollaire et le photographe Philippe Bazin. Il associe photographie documentaire critique et philosophie de terrain autour de la force vive des solidarités.

Un archipel des solidarités présente la puissance des réseaux de solidarité, face à des politiques globales destructrices. Il induit ainsi une réflexion sur « un autre possible politique » et une énergie du commun.

CHAQUE HOMME EST UN SOLEIL

De janvier 2017 à mai 2019, sur une proposition de Pascale Cassagnau, responsable de la collection Audiovisuel au Centre national des arts plastiques, des ateliers de recherche et de lectures de films ont été organisés à la maison centrale de Poissy. Ils invitaient les personnes détenues à des promenades dans le champ de la création contemporaine, à des rendez-vous avec des artistes et à des rencontres avec des œuvres vidéo issues du Fonds national d’art contemporain, en regard d’autres œuvres filmiques et textuelles, afin de faire advenir le film intérieur de chacun.

LE CHANT DE LA PHALENE (ORAISON)

Le Chant de la phalène (oraison) fait rejouer, à travers un ensemble de photographies, dont certaines réhaussées à la mine graphite, une expérience sensible du paysage. Anne-Lise Broyer livre ici le travail qu’elle a développé au cours d’une résidence au Domaine de Kerguéhennec.

Il s’agit de rendre à nouveau le bruissement audible, comme un chant contre chant, un chant qui contiendrait toute la beauté du monde mais aussi sa perte. Tout comme la mort de la phalène observée par Virginia Woolf, il s’agit de louer la pureté de cette danse ultime.

Le grand jour

Catherine Rombouts est photographe, Christiane était sa mère.

Sophie Richelle est historienne.
Elles racontent, dans un livre à deux voix, en images et en textes, la fin de vie de Christiane. En Belgique, l’euthanasie est permise dans le cadre strict de la loi depuis 2002. Ce livre offre un aperçu des réalités qu’elle recouvre. Pour Christiane et pour d’autres, la possibilité de ce choix a permis une mort plus digne, en accord avec leur définition de la vie. Les photographies de Catherine Rombouts, qui a suivi et accompagné sa mère jusqu’à ses derniers instants, se mêlent aux photographies familiales, aux objets du quotidien, traces d’une vie accomplie.
Les textes de Sophie Richelle, rédigés à partir de témoignages et d’éléments plus informatifs et chiffrés, mettent en perspective les histoires singulières et collectives d’euthanasie.
Entre des questions morales, religieuses et politiques, l’euthanasie divise les Européens et entraîne des débats passionnés dans les pays tentés par la légalisation. La Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg ont sauté le pas et autorisé la pratique dans un cadre strictement défini.
En France, l’euthanasie, tout comme le suicide assisté, demeurent proscrits par la loi, même si, depuis 2016, la loi Claeys-Leonetti donne droit à « la sédation profonde et continue jusqu’au décès ». Dans ce lourd débat, ravivé par des cas très médiatisés (Vincent Humbert, Chantal Sébire, Vincent Lambert, Anne Bert), l’opinion publique semble aujourd’hui avoir évolué et les enquêtes d’opinion montrent qu’une nette majorité se dégage en faveur de l’euthanasie. Cet ouvrage, poignant et sensible, a pour ambition de faire avancer le débat au sein de notre société.

La reine de la patate ou les cantines du détour

Françoise Chadaillac part au Québec en 1979 pour préparer une thèse, avec photos à l’appui, sur les espaces urbains. Sur place, elle est intriguée par de petites baraques en bois et autres véhicules recyclés qui, posés au bord de la route, proposent hamburgers, hot dogs et frites. Véritables institutions, on les appelle les « stands à patates frites ».
« Photographier ces “stands” m’a fait découvrir un phénomène de société, bien spécifique au Québec, véritablement ancré dans la vie des Québécois. Et comme me le dira quelqu’un au cours de mes rencontres : “Y a pas un Québécois qu’y a pas un stand à patates dans l’coeur ! ” À chacun son stand et sa meilleure patate, sa meilleure poutine, son meilleur hot-dog ou son meilleur pogo ! Mais surtout, j’y ai rencontré une petite parcelle d’humanité magnifique, simple, lucide, pleine d’humour, qui, nous parlant d’elle, nous parlait de l’humanité tout entière. Les paroles glanées au cours de mes prises de vue ont modifié mon projet et me sont apparues aussi indispensables que les images. »

En l’état

En l’état est un travail évolutif, un work in progress, commencé le 13 juillet 1999 après que Franck Gérard ait failli mourir. Depuis cette date, la pratique photographique de l’artiste a radicalement changé : l’image est devenue un acte vital, incessant, et les milliers de photographies accumulées sont venues constituer un état du voir le monde, posant également un état du monde. La notion de l’abondance, du trop plein d’images affirme une présence au monde fondée dans la perception. À travers une observation aussi méthodique qu’hasardeuse du réel, liée à la déambulation de l’artiste dans l’espace public, Franck Gérard capte des situations, sans a priori ni préalable : offrant juste “ce qu’il voit”. Plus observateur qu’interventionniste, l’oeil du photographe dresse, territoire après territoire, ville après ville, un véritable lexique à vocation universel où le moindre geste incongru, la moindre situation banale ou extraordinaire, le moindre incident, sont répertoriés comme autant d’états constituant notre quotidien, et à travers lui, le mouvement même du monde tel qu’il va, tel qu’il est.