beaux livres : photo, architecture, art

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Vos devenirs

Quels chemins prennent les étudiants d’une école d’art après leurs 
études ? Au-delà du suivi administratif et des statistiques qui donneront des chiffres, des pourcentages, du factuel, du désincarné, Brigitte Bauer
a décidé de mener une enquête différente. 
Jetant un pont entre pratique artistique personnelle et activité d’enseignante, elle a réalisé entre 2016 et 2019 des portraits photographiques d’une centaine de ses anciens étudiants. En allant les voir là où ils vivent, l’idée était de dresser le portrait intime – et un portrait de génération – , 
de ces jeunes anciens étudiants. Ces portraits sont accompagnés d’un travail d’écriture singulier : à partir d’éléments de textes, de notes confiés par chacun, la photographe
a entrepris la rédaction d’un texte polyphonique à la première personne. Déconstruits et réorganisés en un seul texte continu, les éléments fournis par chacun sont devenus anonymes et témoignent non seulement des parcours professionnels mais évoquent aussi des éléments personnels voire intimes.

ANTTI LOVAG

Antti Lovag (1920-2014) est un architecte hongrois qui s’est spécialisé dans les maisons « bulles » et une architecture dite « organique ».
 Il a très peu construit d’édifices (moins de dix). La Maison Bernard, sur la Côte d’Azur, est un des plus beaux exemples de ses réalisations et relate une passionnante relation entre le commanditaire, Pierre Bernard, et l’architecte. Le livre retrace cette relation et donne une part belle aux photographies d’Yves Gellie.
C’est avec la construction de la maison Bernard qu’Antti Lovag définit réellement ses idées de ce que doit être une maison en même temps qu’il les met en pratique. Conception philosophique, mode constructif (abandon des plans pour la maquette), thèmes spatiaux et matériels…
Aujourd’hui, la maison a été rénovée avec l’intervention de l’architecte Odile Decq en collaboration avec Isabelle Bernard (la fille de Pierre Bernard), dans le respect des choix de l’architecte : le cahier des charges et le choix de rénover par la couleur, de salarier des artisans comme l’avaient fait Antti Lovag et Pierre Bernard… Il y a été créé un fonds de dotation, des résidences d’artistes.

Métamorphose du réel

Métamorphose du réel est la première monographie de l’artiste québécois Jocelyn Philibert.

« Il est rare qu’une œuvre soit si riche en ramifications. Il ne s’agit que d’arbres et de paysages, après tout. On aperçoit certes des personnages dans ces prises de vue, mais ceux-ci vaquent à bien peu de choses. Rien pour bouleverser le spectateur. Rien. Presque rien. Or, dans ce presque rien se trouvent des renvois à un monde intérieur profondément enfoui. Sans trop en comprendre la provenance, nous voilà envahis par des récurrences, autant de références à la mythologie, à l’art, à l’histoire de l’art, à la représentation du réel visible, au réel, à la fiction, à l’objectivité, au libre arbitre, à la nostalgie des origines, en somme, à la question « Que faisons-nous là depuis si longtemps ? » Une bonne part de la force de la démarche de Jocelyn Philibert réside dans ses images offrant un plaisir immédiat tout en ouvrant sur un vaste champ d’investigations, logique, esthétique et métaphysique. » (Marcel Blouin)

Itinéraires

Itinéraires… s’est construit à partir d’une invitation lancée à une cinquantaine de photographes à proposer des images où se rencontrent la photographie et le voyage sous toutes ses formes. Chacun a exhumé un corpus de photographies pour la plupart inédites, parfois solitaires, souvent des pépites oubliées.

Le livre a été composé avec la complicité de Philippe Dollo (photographe),Joël Van Audenaege (photographe, éditeur et graphiste) et Vincent Bengold (Festival Photographes voyageurs).

Sébastien Berlendis et Fabien Ribery ont été invités à participer au voyage par leurs mots.

Vivian Maier en toute discrétion

Une nouvelle photographe, Vivian Maier, est découverte en 2010 alors qu’elle vient de disparaître. Ses dizaines de milliers de clichés, dont une majorité de négatifs non développés, ont été découverts après sa mort, faisant d’elle une artiste célèbre. À partir de là, tous s’interrogent sur l’histoire de cette femme, sur sa personnalité, et découvrent qu’elle a aussi, un lien très fort avec la France.

Françoise Perron est partie sur ses traces, à New York, à Chicago et dans les Hautes-Alpes et a recueilli le récit de ceux qui l’ont bien connus en France et aux États-Unis, dévoilant ainsi, au-delà de la caricature de nounou acariâtre, qui a souvent circulé à son sujet, une personnalité trouble et attachante. De l’enfance de Vivian Maier dans cette vallée du Champsaur des années trente en passant par l’adolescence au sein d’une famille qui se déchire, jusqu’à cette jeune femme qui brave les usages de la société américaine des années cinquante, le livre retrace toutes les époques. À travers l’oeuvre prolifique de la photographe, dispersée entre les mains de différents collectionneurs, l’ouvrage dévoile les différentes facettes de sa personnalité : son intelligence, sa curiosité intellectuelle.

Discover

Discover est le récit d’un voyage au futur antérieur. Ce livre nous dévoile les contrastes d’une Chine contemporaine, en construction incessante, faisant surgir des villes de terre comme par magie. Malgré la violence de ce rythme effréné, il se dégage du travail photographique de François Daireaux et des textes du sinologue Emmanuel Lincot, une rare intensité poétique. Discover est LE livre sur la Chine, principal enjeu de notre siècle. Pour faire image, François Daireaux a arpenté plus d’une centaine de villes chinoises très peu visitées par les étrangers. Celles où l’arrogance des plus forts, l’exploitation des plus faibles et le mépris de la vie humaine ont pris les formes les plus impitoyables. Prémonitoire, ce livre nous montre une Chine dévastée. S’y esquissent bien d’autres catastrophes en devenir. L’homme y a pourtant sa place. Cette dérive photographique a commencé à Anshan en 2004 dans le nord-est de la Chine, puis s’est poursuivie de ville en ville, toujours plus à l’ouest pour s’achever en 2018 dans la région ouïghoure.
Au fil des villes, François Daireaux s’est immergé dans une réalité chinoise, observant la propagation sidérante de phénomènes d’urbanisation à des échelles incommensurables, scrutant la tension entre les architectures mégalomanes et les vies minuscules des hommes, perdus, parfois pris de folie, comme abasourdis dans ce nouveau monde de béton et d’acier. Il en résulte des situations d’une extrême violence mais aussi parfois incongrues ou burlesques.

Futurs antérieurs

Cette monographie introduite par un texte de Georges Didi-Huberman reprend près de quarante années de création photographique et autres. Elle revisite la chronologie de ses différentes séries pour les tisser entre elles et mettre en avant les problématiques que l’artiste continue d’explorer : les questions de l’espace, de l’écriture et de l’archive. Tirages photographiques, archives, publications sont les matériaux avec lesquels Jacqueline Salmon recompose, double pages après double page, son parcours comme une interprétation musicale. Elle livre au lecteur les travaux qu’elle a jugés les plus importants dans la construction de son œuvre.
Par ailleurs, Jacqueline Salmon a toujours noué des liens importants avec l’écriture. Projets après projets ses écrits éclairent les séries en train de se constituer. Elle a toujours nouée des liens privilégiés avec les écrivains et les philosophes qui ont beaucoup écrit sur son travail. Ce livre est ainsi l’occasion de (re)découvrir de larges extraits de textes, extraits de préfaces, d’entretiens écrits sur son travail et choisis pour leur justesse par rapport aux travaux sélectionnés et pour la qualité de leur écriture.
Avec : Paul Ardenne, Jean-Christophe Bailly, Dominique Baqué, Richard Baillargeon, Jean Baudrillard, Christine Bergé, Christine Buci-Glucksmann, Michèle Chomette, Hubert Damish, Georges Didi-Huberman, Bruno Duborgel, Jean-Christian Fleury, Magali Jauffret, Michel Kelemenis, Christophe Loyer, Michel Poivert, Jean Louis Schefer, Paul Virilio.

Le jardin d’après

Anne-Marie Proulx a construit son livre de photographie en suivant les parcours de la protagoniste du roman Le premier jardin (1988) de l’auteure Anne Hébert. Elle s’inspire librement de la façon dont on y imagine une ville du Nouveau Monde regardée par les yeux d’une actrice de théâtre habitée par les femmes qui l’ont précédé, ainsi que par les rôles qu’elle a elle-même été appelée à jouer dans sa carrière et au fil des saisons de sa vie personnelle.
Le premier jardin est une terre sur laquelle siège une ville qu’on ne nomme jamais, qu’on ne voit presque plus, mais dans laquelle se trouvent des amorces d’histoires, des morceaux de vérités et de fictions aussi intangibles que la lumière qui se pose sur un mur, à la surface de l’eau ou sur les arbres en fleur. Au travers des détails de textures, de lumières, d’une vie qui touche les rues et les bâtiments, la ville se révèle comme un personnage, comme un corps de femme. Dans ce jardin planté derrière les grandes façades, dorment des rôles envahissants, des vies éphémères, saisonnières, vivaces.

URSS ÉTÉ 1991

« Août 1991 : je prends un billet sur Aéroflot et j’arrive à Moscou
au moment où cet étrange coup d’état se déroule. Gorbatchev
y perd le peu de crédit qui lui reste et Boris Eltsine donne le coup
de grâce à une Union soviétique en pleine décomposition. »
30 ans après, Jean-Christophe Béchet reconstruit à partir des
photographies et des documents de l’époque, son récit de la
chute d’un monument de l’histoire, en photographie et en texte

La région humaine

Pour les 20 ans du centre de photographie lyonnais, Le Bleu du Ciel, Gilles Verneret, son directeur, revisite les photographes y ayant exposé et sur le temps, ayant défini une certaine ligne d’une photographie documentaire. Ce livre met en évidence toute la créativité, la pluralité de cette photographie documentaire à travers les œuvres de près de 100 photographes français, pour beaucoup, mais aussi du monde entier.
Les sciences humaines et sociales deviennent à partir des années 1990-2000 un nouveau repère fort pour les photographes. Déjouant ou parfois critiquant ouvertement l’institution photo-journalistique, les photographes affirment les valeurs de l’enquête, du terrain, de l’analyse économique et sociale, du décryptage politique. Nos contemporains inventent une poétique de la responsabilité, ils font du documentaire un genre ouvert à l’imaginaire d’un monde à venir.
Outre les textes historiques de Gilles Verneret et Michel Poivert présentant différents aspects de cette nouvelle photographie documentaire, ce livre accueille également les textes écrits par les photographes présentés.