beaux livres : photo, architecture, art

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Lettre à Jean-Lin

Lettre à Jean-Lin est né de l’amitié de Arnaud de La Bouillerie avec un garçon non-voyant, Jean-Lin Patte. Amitié brutalement arrêtée avec la maladie de Jean-Lin, victime du même cancer que celui qui lui avait ôté la vue à l’âge d’un an. Le récit de cette amitié et l’absence d’image pour nous la représenter, autant que son expérience photographique sur l’enfance, ont donné envie à la photographe Marie Liesse de travailler à un projet autour de la naissance de cette relation.

L’objet-livre est ainsi conçu pour être appréhendé tout autant par voyants et déficients visuels. Le récit courant tout au long de l’ouvrage est imprimé en gros caractères, mais également, transcrit en braille. Les images sont elles, imprimées sur un autre papier. L’approche des photographies par les mal-voyants, se fait grâce à des descriptions transcrites en braille.

La vie immédiate

La vie immédiate prend sa source au confluent de deux grands cours d’eau: la Marne et la Seine. Sandra Rocha s’est laissée porter par le courant et a partagé son voyage avec des adolescents tout juste éveillés et conscients de la fuite du temps. Ensemble, ils ont exploré leurs sensations intimes, profondes jusqu’à l’indicible. Cette publication apparaît ainsi comme leur journal intime, composé de leurs propres textes, de collages et de photographies qui interrogent les paradoxes de l’âge, entre la passion de brûler sa vie et la passion de la construire.

Cet ouvrage est conçu comme un véritable livre d’artiste orchestré avec la complicité du graphiste José Albergaria (Change is good).

Résonances

Toute une partie des photographies de Frédérique Bretin nous interroge sur notre désir d’horizon. Comment atteindre ce fond qui se dérobe à chaque avancée ? En prenant la position de l’attente, il y a le secret espoir dans chaque image que ce soit lui, le fond, qui nous rejoigne. C’est ainsi que la poésie de Frédérique Bretin renverse de façon sensible et empirique le système spatial que dicte la photographie : alors qu’on la conçoit comme une fenêtre ouverte et une trajectoire vers l’horizon, ses images sont au contraire l’expérience d’un retournement de cette perspective. Rien mieux que la vague qui fascine tant l’artiste ne traduit cette esthétique d’un espace qui vient à vous, comme le chemin même de la lumière qui vient traverser l’optique et se diffracter sur la surface sensible.

Bab-El

En voyageant à travers Israël et les territoires occupés, Valentine Vermeil a vu des dialectiques et des cultures s’opposer ; une culture musulmane où chaque événement est conforté par la grâce de Dieu, et une culture juive associant l’histoire tragique de son peuple avec un besoin de défense et de suprématie absolue.

Bab-El présente un pays dans sa globalité et sa complexité. Ces photographies s’éloignent délibérément du traitement médiatique et des imaginaires que suscite cette région particulière. Son propos est de mettre en lumière ce qui rassemble les individus, tels les liens de l’appartenance à un groupe qu’il soit social, ethnique ou religieux.

Biomimétisme

Les designers, les architectes et les artistes se sont toujours tournés vers la nature pour imiter la beauté de ses formes et y chercher l’inspiration d’un point de vue esthétique ou pour en imiter les procédés et les comportements. Le biomimétisme cherche aujourd’hui à s’inspirer de la nature pour inventer des solutions écologiques aux problèmes qui se posent dans les domaines les plus divers (l’agriculture, l’informatique, la science des matériaux, l’industrie) et pour développer de nouvelles interactions entre l’homme et ses environnements.

Cet ouvrage vise à réunir des chercheurs, designers, architectes pour interroger l’ensemble complexe de questions soulevées par la notion de «biomimétisme».

Bains publics

Les usagers acceptent de se laisser photographier dans les bains-douches parisiens et nous font découvrir ces équipements méconnus, datant pour la plupart de l’entre-deux-guerres et toujours fréquentés aujourd’hui. Grâce au travail exigeant de Florence Levillain et à sa collaboration étroite avec Laurent Kruszyk, photographe à la Région Île-de-France, ce livre réhabilite ces lieux et nous entrouvre les portes de bains publics : de l’architecture aux histoires de vie, de l’urbanisme à l’intime, des rituels aux typologies de bâtiments.

État des lieux

«Véritable» manifeste, ce premier volume de la collection « Ré-inventaire » revisite le fonds de l’Inventaire francilien en mettant l’accent sur les partis pris photographiques de ces dix dernières années. De la connaissance à l’interprétation, de l’exceptionnel au banal, l’ouvrage propose un état des lieux qui révèle les frontières de plus en plus poreuses entre photographie descriptive, documentaire et photographie plasticienne.

European Puzzle

Depuis 1985, Jean-Christophe Béchet photographie l’Europe en voyageant de ville en ville. Aujourd’hui, il connaît quasiment tous les coins et recoins de ce continent. Mais de quelle Europe s’agit-il ? Il y a l’Europe économique, politique, géographique, footbalistique… Il y a des Europe. De Gibraltar à Kiev, de Reykjavik à Istanbul. Certaines frontières s’écroulent, d’autres se referment. Métissages, melting-pot, mélanges, mondialisation. Européanisation ? Existe-t-il encore une Europe de l’Ouest et une Europe de l’Est ? Et une Europe du Sud autour de la Méditerranée ? Parfois, les mots se vident vite de leur sens. En perdant sa dernière syllabe, l’Europe est aujourd’hui devenue une simple monnaie.

« S’interroger sur l’Europe, c’est questionner sa propre identité d’Européen. En quoi suis-je Européen ? Au delà des questions économiques qui rythment trop souvent le “sentiment européen”, je souhaite essayer de construire ce puzzle comme une longue mélodie musicale ancrée dans la réalité de ces trente dernières années. En 1955, Henri Cartier-Bresson publiait Les Européens. Soixante ans plus tard, alors que tout le monde parle sans cesse d’Europe, un tel sujet semble impossible à envisager… Pourtant n’est-ce pas le défi de la photo d’apporter une vision poétique et documentaire quand les mots, les chiffres et les analyses ont déjà épuisé leur interprétation du réel ? » Jean-Christophe Béchet

Salle des fêtes

Thierry Girard, invité par le musée de la Chasse et de la Nature à réaliser une résidence d’artiste sur le domaine de Belval dans les Ardennes, s’y rend avec l’idée de rendre hommage à l’esprit de Walden de l’écrivain américain Henry David Thoreau.

Il espère la neige, le froid et l’ascèse, mais ne trouve que déluge et tempête fouettant ce qui s’avère être aussi un champ de bataille, celui des trois guerres qui se sont succédé, et particulièrement, là où il se trouve, celui de la défaite de 1870. Salle des fêtes est porté à la fois par un texte de Thierry Girard à la scansion poétique et par le récit photographique d’une exploration hivernale de ce territoire de la défaite.