beaux livres : photo, architecture, art

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Denis Darzacq

Depuis le milieu des années 1990, Denis Darzacq développe un travail personnel.
De la photographie de presse qui fut, comme pour d’autres photographes français de sa génération, le berceau de sa pratique artistique, il conserve avant tout un regard aiguisé sur la société contemporaine et une méthode. Denis Darzacq a acquis la conviction qu’une image construite pouvait servir son analyse de la société avec plus d’efficacité. Depuis 2003, il a recours à des mises en scène qui reposent toutes sur le principe de la « disruption » (méthodologie dynamique tournée vers la création). Par leur état ou leur pose, les corps mis en scène bouleversent l’ordre établi, sans jamais faire basculer l’image dans le spectaculaire.
L’ouvrage présente des photographies extraites de séries majeures du photographe. Notamment La chute et Hyper qui opposent deux réalités sans manipulations numériques, Act et Act II qui invitent à la réflexion autour de la complexité de l’individu, au-delà du statut assigné et réducteur de personne handicapée. Enfin, Recomposition et Contreformes font disparaître le corps au fur et à mesure des photographies pour laisser place à une réflexion de l’artiste sur l’abstraction.

Habana Song

Le photographe Jean-Christophe Béchet est allé à Cuba en 1990, au moment où les « Balseros » essayaient d’atteindre les côtes américaines, la Floride, sur leurs radeaux de fortune. Il est revenu à la Havane vingt ans plus tard, à la mort de Fidel Castro, découvrant une ville en pleine mutation. Les voitures américaines sont toujours là mais devenues des taxis pour touristes, le long du Malecon, on rénove les bâtiments et fleurissent les bars de luxe…

Lui, a décidé de s’écarter de ce théâtre touristique, préférant se perdre dans des rues sombres, à la recherche de ces sensations cubaines : entre pauvreté et classe, ordre et anarchie.

Habana Song est une poésie visuelle qu’il joue en noir et blanc, loin des clichés et couleurs qui identifient habituellement Cuba. Une musique qui nous accompagne tout au long de cette déambulation photographique.

À L’ŒUVRE

L’atelier, dans la simplicité de sa réalité matérielle, relève de cette catégorie des « espaces autres » pensée par Michel Foucault, et n’existe qu’en tant que lieu imaginé, voie d’accès à l’univers mental d’un créateur. Lieu de création et de production, l’atelier se situe entre sphère privée et domaine public, et constitue un espace de légitimation parce qu’il est le lieu de représentation et de médiatisation d’un processus créatif.
Les photographies d’ateliers d’artisans et d’artistes présentés dans cet ouvrage, sans distinction des espaces entre métiers manuels et professions intellectuelles initiée dès le XVIe siècle, se donnent également à voir comme autant d’autoportraits de leurs occupants, que ceux-ci soient visibles ou qu’ils laissent les lieux les raconter.

Journal de l’œil (les globes oculaires)

Avec Journal de l’œil (Les Globes oculaires), Anne-Lise Broyer tente de faire
l’expérience de la littérature par le regard. Comme s’il s’agissait, en photographiant,
d’avancer dans sa vision comme on avance dans un livre…

L’ouvrage se construit ici sur les pas de la vie et de l’œuvre de Georges Bataille…
Chaque image est un voyage se référant implicitement à l’écrivain, mais au-delà
d’une seule volonté de documenter. L’approche d’Anne-Lise Broyer se veut aussi
sensible, émotionnelle et intuitive. Elle rend compte de la puissance d’une écriture
bataillienne, l’enjeu étant de fabriquer non pas des images qui illustreraient
une pensée mais plutôt de trouver des images propices à produire de la pensée.
Le livre accueille également les textes inédits, essai ou approche plus libre,
de Léa Bismuth, Bertrand Schmitt, Mathilde Girard, Yannick Haenel et Muriel Pic.

Arrière-pays

Karim Kal met en place depuis une quinzaine d’années, un travail dans une perspective documentaire. La nature descriptive de la photographie est nuancée par le travail autour de la lumière et de la composition. Ses photographies proposent une appréhension indicielle du territoire, et recherche un équilibre entre les éléments permettant une lecture sociale, politique du sujet, et une économie formelle puisant dans le vocabulaire des abstractions.
Nombre de photographies réalisées à la chambre ont été prises dans les quartiers populaires des zones périphériques de villes comme Lyon, Paris, ou Alger. Relevé de formes, les images de Karim Kal renvoient simultanément à l’idée de relégation des territoires de banlieue, et à un formalisme pictural évoquant les abstractions géométriques des années 1970 et 1980.

Cette première monographie est accompagnée d’un texte inédit de l’historien de la photographie Clément Chéroux.

The Donkey that became a Zebra: Darkroom stories

Vers 2005, Michel Campeau, sensible au virage numérique, entreprend de photographier les chambres noires, ces laboratoires qui constituent les fondements d’une photographie argentique en voie de disparition. Parallèlement, il collectionne la photographie vernaculaire et poursuit son travail créatif à travers la photographie des autres, constituant des collections de photographies anonymes ou de fonds qu’il déniche sur Internet ou au gré de ses déplacements.

Il effectue dans ce livre une sorte de montage temporel à partir de ces documents pour beaucoup déjà introuvables. Il mêle ses propres photographies à celles qu’il s’approprie, constituant une histoire de la photographie argentique tout en tissant sa propre autobiographie photographique.

Joan Fontcuberta analyse dans son texte l’œuvre de Michel Campeau.

La nuit craque sous nos doigts

La nuit craque sous nos doigts reprend plusieurs années de photographie de Sarah Ritter. Cette première monographie de la photographe est accompagnée d’une pièce de théâtre inédite de Christophe Fiat composée à partir des photographies du livre.

Sarah Ritter ne travaille pas par anticipation, mais par « occasions », arpentage de terrains divers, sans savoir précisément à l’avance ce qu’elle cherche. Ces occasions lui permettent d’accumuler un certain nombre d’images qui, peu-à-peu, trouvent leur place dans son œuvre et s’articulent ensemble. Elle cherche un point de bascule entre le visible, le montré dans l’image, et ce qu’on ne voit pas. Au cœur de cette intention aveugle, le montage des images entre elles devient comme un chœur, équivocité affirmée.

MIOVENI

Mioveni est une ville en Roumanie située entre Bucarest et les Carpathes. Après la chute du communisme, la ville a pu survivre grâce à l’industrie automobile. Tous les habitants vivent aujourd’hui au rythme de l’usine. Pendant près de trois ans, la photographe Anne Leroy et la journaliste Julia Beurq ont accompagné le quotidien des habitants de Mioveni rapportant images et récits plongeant le lecteur dans l’intimité d’une vie ouvrière.
Cet ouvrage restitue leur immersion sur le terrain dans cette ville ouvrière qui, avec le rachat de Dacia par Renault il y a quinze ans, semble avoir échappé au sort des autres cités mono-industrielles tombées en ruine après la chute du communisme.

Lunacy

Le photographe Meyer (du collectif Tendance Floue) nous livre une histoire inédite et personnelle, celle de Lunacy, une rave Party emblématique des débuts du mouvement House et Techno en France. Témoignage rare de ce courant important de contre culture, Lunacy est avant tout l’histoire d’une fête et d’une rencontre avec la créativité et l’anticonformisme du monde underground. Huit rendez-vous ont eu lieu entre 1993 et 1995 dans un entrepôt de Genevilliers-port. L’enjeu n’est pas de faire un simple retour sur cette époque, mais de questionner la portée et le poids de la contre culture dans nos sociétés contemporaines, sa radicalité politique.

Un texte très personnel de Meyer ouvre l’ouvrage ainsi qu’une introduction à la House et à la Techno par le journaliste de Télérama Erwan Perron.

Pour vivre ici

Sophie Zénon a développé une recherche autour du site du Hartmannswillerkopf (HWK), rebaptisé « Vieil Armand » après guerre, dans le massif des Vosges. Elle y questionne la notion de restitution de la mémoire d’un lieu de conflit de la première guerre mondiale.
Paysages « vibrés », lumières éblouissantes, superpositions de documents d’archives et d’éléments naturels réalisées in situ constituent la trame d’une écriture photographique personnelle pour rendre compte tant de « l’esprit des lieux » que de la manière dont les hommes ont aujourd’hui appris à vivre avec cette forêt chargée d’Histoire.

Le livre est traversé par les voix de Raoul Ermel, menuisier au plus près de l’esprit de cette forêt et des extraits du journal écrit par l’aspirant Henri Martin vivant ces lieux durant la Première guerre mondiale.