beaux livres : photo, architecture, art

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Jacqueline Salmon, une vie réfléchie

Jacqueline Salmon, une vie réfléchie, inaugure la nouvelle collection de
biographies, « Histoires de photographes ». L’approche, tout en douceur de Sylviane Van de Moortele, revient sur toute une vie, de l’enfance et ses fêlures, des rencontres et des initiations. Elle nous accompagne dans l’intimité d’un artiste, touchant du doigt une oeuvre, qui se nourrit de la vie et vice-versa, traversant les grandes et les petites histoires, les joies et les cicatrices… L’écriture, très fluide embarque le lecteur sur un parcours, qui, comme tout chemin, est parfois sinueux ou au contraire lumineux. Une vie d’artiste, une vie humaine…

Futurs antérieurs

Cette monographie introduite par un texte de Georges Didi-Huberman reprend près de quarante années de création photographique et autres. Elle revisite la chronologie de ses différentes séries pour les tisser entre elles et mettre en avant les problématiques que l’artiste continue d’explorer : les questions de l’espace, de l’écriture et de l’archive. Tirages photographiques, archives, publications sont les matériaux avec lesquels Jacqueline Salmon recompose, double pages après double page, son parcours comme une interprétation musicale. Elle livre au lecteur les travaux qu’elle a jugés les plus importants dans la construction de son œuvre.
Par ailleurs, Jacqueline Salmon a toujours noué des liens importants avec l’écriture. Projets après projets ses écrits éclairent les séries en train de se constituer. Elle a toujours nouée des liens privilégiés avec les écrivains et les philosophes qui ont beaucoup écrit sur son travail. Ce livre est ainsi l’occasion de (re)découvrir de larges extraits de textes, extraits de préfaces, d’entretiens écrits sur son travail et choisis pour leur justesse par rapport aux travaux sélectionnés et pour la qualité de leur écriture.
Avec : Paul Ardenne, Jean-Christophe Bailly, Dominique Baqué, Richard Baillargeon, Jean Baudrillard, Christine Bergé, Christine Buci-Glucksmann, Michèle Chomette, Hubert Damish, Georges Didi-Huberman, Bruno Duborgel, Jean-Christian Fleury, Magali Jauffret, Michel Kelemenis, Christophe Loyer, Michel Poivert, Jean Louis Schefer, Paul Virilio.

Le jardin d’après

Anne-Marie Proulx a construit son livre de photographie en suivant les parcours de la protagoniste du roman Le premier jardin (1988) de l’auteure Anne Hébert. Elle s’inspire librement de la façon dont on y imagine une ville du Nouveau Monde regardée par les yeux d’une actrice de théâtre habitée par les femmes qui l’ont précédé, ainsi que par les rôles qu’elle a elle-même été appelée à jouer dans sa carrière et au fil des saisons de sa vie personnelle.
Le premier jardin est une terre sur laquelle siège une ville qu’on ne nomme jamais, qu’on ne voit presque plus, mais dans laquelle se trouvent des amorces d’histoires, des morceaux de vérités et de fictions aussi intangibles que la lumière qui se pose sur un mur, à la surface de l’eau ou sur les arbres en fleur. Au travers des détails de textures, de lumières, d’une vie qui touche les rues et les bâtiments, la ville se révèle comme un personnage, comme un corps de femme. Dans ce jardin planté derrière les grandes façades, dorment des rôles envahissants, des vies éphémères, saisonnières, vivaces.

URSS ÉTÉ 1991

« Août 1991 : je prends un billet sur Aéroflot et j’arrive à Moscou
au moment où cet étrange coup d’état se déroule. Gorbatchev
y perd le peu de crédit qui lui reste et Boris Eltsine donne le coup
de grâce à une Union soviétique en pleine décomposition. »
30 ans après, Jean-Christophe Béchet reconstruit à partir des
photographies et des documents de l’époque, son récit de la
chute d’un monument de l’histoire, en photographie et en texte

La région humaine

Pour les 20 ans du centre de photographie lyonnais, Le Bleu du Ciel, Gilles Verneret, son directeur, revisite les photographes y ayant exposé et sur le temps, ayant défini une certaine ligne d’une photographie documentaire. Ce livre met en évidence toute la créativité, la pluralité de cette photographie documentaire à travers les œuvres de près de 100 photographes français, pour beaucoup, mais aussi du monde entier.
Les sciences humaines et sociales deviennent à partir des années 1990-2000 un nouveau repère fort pour les photographes. Déjouant ou parfois critiquant ouvertement l’institution photo-journalistique, les photographes affirment les valeurs de l’enquête, du terrain, de l’analyse économique et sociale, du décryptage politique. Nos contemporains inventent une poétique de la responsabilité, ils font du documentaire un genre ouvert à l’imaginaire d’un monde à venir.
Outre les textes historiques de Gilles Verneret et Michel Poivert présentant différents aspects de cette nouvelle photographie documentaire, ce livre accueille également les textes écrits par les photographes présentés.

Espaces traversés

Accompagnée par la figure tutélaire que représente la Clinique de La Borde à Cheverny que Jean Oury a fondé et où Félix Guattari a travaillé pendant une dizaine d’années, Claire Chevrier s’est immergée dans plusieurs structures, institutionnelles ou associatives, pour photographier les espaces où vivent, se déplacent ou travaillent handicapés et soignants.
L’approche du livre relie plus d’un point de vue typologique que géographique, ces images issues de prises de vue effectuées dans près d’une dizaine d’établissements spécialisés. Il questionne les espaces de circulation et les corps pris dans ces espaces.

CORRESPONDANCES AUTOUR DE BATAILLE

Retour sur un film d’André S. Labarthe qui a marqué la collection « Un siècle d’écrivains » : Georges Bataille, à perte de vue réalisé en 1997.
L’ouvrage reprend un entretien d’André S. Labarthe avec Olivier Meunier en 2014 et une correspondance entre le réalisateur et Michel Surya, durant la préparation du film. Le livre rassemble également une abondante iconographie tirée du film et des photos inédites de la photographe Anne-Lise Broyer. Une préface de Mathilde Girard et une postface de Vincent Roget, accompagnent une lettre inédite d’André S. Labarthe.

S’IL N’Y AVAIT QU’UNE IMAGE

Hélène Mauri, infirmière et photographe, a demandé à des personnes vivant avec une maladie grave évolutive ou en fin de vie quelle serait la photographie qu’elles aimeraient voir, avoir. Nous avons sûrement tous un endroit privilégié dans notre vie,
 une personne, un objet peut-être. Elles ont la liberté de demander n’importe quelle photographie (paysage, portrait…). Suite à cette demande, Hélène Mauri leur propose d’aller réaliser cette photographie quelle qu’elle soit et où qu’elle soit, puis de leur en rapporter un tirage qui sera accroché au mur de leur chambre d’hôpital.
Le lecteur lit dans un premier temps le souhait de la personne, et découvre à la page suivante la photographie réalisée.

JOUE-LA COMME SAINT-OUEN-SUR-SEINE

Saint-Ouen-sur-Seine est une ville investie par le foot depuis plus d’un siècle. Des très jeunes qui tapent le ballon dans les cours des cités jusqu’au mythique stade Bauer et à l’Union sportive multisections audonienne, ce livre rend hommage à ceux dont le cœur bat au rythme du foot. Meyer et Denis Bourges, du collectif Tendance Floue, portent dans ce livre foisonnant, un regard d’auteur résolument neuf et sensible, explorant un large spectre de styles, d’une photographie documentaire à une photographie plasticienne. Des images d’archives émaillent également l’ouvrage.
L’écriture de Rémy Fière est variée et protéiforme, mélangeant les genres littéraires et les archives retrouvées, les portraits et les entretiens, les citations au son des slogans : toute une poésie naïve et brute qui entoure le monde du football.

Utopie Maladrerie

Le quartier de la Maladrerie, à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis est l’une des réalisations les plus remarquables de l’architecture urbaine de la fin des années 1970 imaginée par Renée Gailhoustet. Délaissant le modèle éculé des barres et des tours, l’expérience architecturale qu’elle mène à Aubervilliers ambitionne de changer le statut du logement social dans le tissu urbain.
Architecture futuriste mêlant béton, verre, terrasses végétalisées et formes angulaires, elle laisse une grande place à la circulation piétonne et à la végétation.

En 2017, l’artiste Julie Balagué s’y installe. Elle est allée à la rencontre des habitants, des passants et des associations du coin. Son travail mêle des photographies de l’ensemble architectural et des portraits des habitants.
De courts textes poétiques de la romancière Fanny Taillandier, inspirés des témoignages recueillis par la photographe, accompagnent la série d’images. En fin d’ouvrage est inséré un livret qui rassemble deux textes plus contextuels et théoriques de l’architecte Katherine Fiumani d’une part et de l’historienne de la photographie, Raphaële Bertho.