beaux livres : photo, architecture, art

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Le temps est caché dans les plis d’une fleur

Le temps est caché dans les plis d’une fleur est le nouvel opus de l’artiste Anne-Lise Broyer. Poursuivant son expérience de la littérature par le regard, Anne-Lise Broyer, invitée à séjourner à Deauville et en Normandie dans le cadre d’une résidence-création, trace ici une ligne qui relie des livres, des auteurs entre eux (Duras, Flaubert, Proust, Sagan…) des moments de vie qui n’ont pas grand-chose en commun si ce n’est un territoire et le fait qu’ils constituent pour elle une réactivation de ses premiers émois littéraires. Dans un subtil maillage, Anne-Lise Broyer fait notamment revivre l’enfant qu’elle était, à distance du monde, mais aussi celui de L’été 80, perdu dans sa vision. Les Roches-Noires, le Grand-Hôtel de Cabourg côtoient les paysages de Madame Bovary.
Les textes de Colette Fellous et Jean-Luc Germain fabriquent un écho aux images.

Cité Gagarine 1961-2020

Marie-Pierre Dieterlé a commencé à arpenter la cité Gagarine en 2009. Construite en 1961 à Ivry-sur-Seine, elle est devenue un emblème des banlieues rouges et une vitrine pour le Parti communiste français dont Ivry fut le fief historique. C’était les débuts du logement social chargés d’espoir et d’utopie. Des familles entières ont pu quitter les bidonvilles pour bénéficier d’un minimum locatif : un appartement avec eau chaude, toilettes et chauffage intégrés. En juin 1963, la visite du cosmonaute russe Youri Gagarine, contribua à forger le mythe d’une cité pas comme les autres. Dans la liesse générale, et sous les bouquets de fleurs, le cosmonaute soviétique planta un arbre en souvenir de son passage…
Puis, à l’instar de nombreuses cités de la banlieue parisienne, le rêve s’est fissuré. Dans les années 1990, la cité Gagarine est classée en zone urbaine sensible (ZUS). Ce label de politique urbaine censé donné la priorité à ces territoires est devenu le stigmate d’une ségrégation sociale, économique, géographique. La démolition s’est peu à peu imposée. Il fallait reloger toutes les familles.
En 2017, il ne restait plus qu’une centaine de logements occupés sur les 380 de la cité. Pendant deux ans, elle a erré dans les longs couloirs à moitié vides, en quête de visages à immortaliser. Puis elle a suivi les étapes de la déconstruction écologique par grignotage du bâtiment jusqu’à la disparition de la dernière brique rouge.

Réseaux

Ponts, gares routes, aqueducs, viaducs, sont étudiés et photographiés depuis la création du service de l’Inventaire d’Île-de-France. Ce nouvel opus de la collection Ré-Inventaire est l’occasion d’un voyage poétique à travers 40 ans de photographie.
Sans déroger au style documentaire qui est la marque de l’écriture photographique de l’Inventaire général, les photographes de l’Inventaire se sont inspirés des travaux des grands maîtres de la photographie comme Lartigue ou Rusha, pour rendre compte de l’expérience du mouvement, de la vitesse, et du gigantisme de ces infrastructures.
Leurs travaux présentés dans ce livre, montrent la beauté brutale de ces architectures.

Côté jardin

Au sein de l’histoire, longue et complexe, de l’art des jardins, l’Île-de-France, tient une place particulière et privilégiée. Au-delà de conditions naturelles favorables, la « région capitale », parce qu’elle s’affirme au fil des siècles comme centre
de gravité du pouvoir, concentre un grand nombre de jardins historiques remarquables. Fleurons de l’identité régionale, certains d’entre eux ont atteint le rang d’icône patrimoniale.
Des potagers, vergers, jardins de simples ou parcs d’agrément du Moyen-Âge,
 des cascades, bassins, fontaines et jets d’eau de la Renaissance, jusqu’à notre époque où les cités jardins, les jardins ouvriers, familiaux, partagés et jardins sur les toits, prospèrent, leurs ramifications s’étendent jusqu’à nous et sont plus que jamais vivantes, témoignant d’un désir de nature qui va croissant.
Forte d’un patrimoine multiséculaire d’exception, l’Île-de-France s’affirme ainsi, d’hier à aujourd’hui, comme une terre de jardins à l’avenir plein de promesse.

Le Grand renoncement

Lieu emblématique de l’histoire de la psychiatrie en France, l’hôpital Maison- Blanche à Neuilly-sur-Marne fut construit en 1900 afin de « désencombrer », selon les termes de l’époque, les autres asiles du département de la Seine.
 Il fut entièrement dédié aux femmes jusqu’en 1970.
L’hôpital désaffecté, des bâtiments en ruine, délaissés, au milieu d’une nature soudain envahissante. Aux murs qui s’effritent répondent les mots d’un univers lointain où des histoires de vies sont passées.
 Des lettres abandonnées et sauvées de justesse lors des immersions des auteurs dans le lieu, sont devenues le prétexte d’un cheminement
au cœur de cette institution symbolique et chargée de fantasmes qu’est l’asile psychiatrique.
Au fil de leur cheminement, entre les lignes de registres, dans la patine des murs, dans les allées du parc, les couloirs ébranlés, les vestiaires désertés et les détails effacés, les auteurs cherchent à interroger la base ancienne et actuelle de leur fondement. Surtout, entre les mailles du passé et du présent, ils en convoquent, à leur manière, la part d’héritage et de renoncement.

Vos devenirs

Quels chemins prennent les étudiants d’une école d’art après leurs 
études ? Au-delà du suivi administratif et des statistiques qui donneront des chiffres, des pourcentages, du factuel, du désincarné, Brigitte Bauer
a décidé de mener une enquête différente. 
Jetant un pont entre pratique artistique personnelle et activité d’enseignante, elle a réalisé entre 2016 et 2019 des portraits photographiques d’une centaine de ses anciens étudiants. En allant les voir là où ils vivent, l’idée était de dresser le portrait intime – et un portrait de génération – , 
de ces jeunes anciens étudiants. Ces portraits sont accompagnés d’un travail d’écriture singulier : à partir d’éléments de textes, de notes confiés par chacun, la photographe
a entrepris la rédaction d’un texte polyphonique à la première personne. Déconstruits et réorganisés en un seul texte continu, les éléments fournis par chacun sont devenus anonymes et témoignent non seulement des parcours professionnels mais évoquent aussi des éléments personnels voire intimes.

Métamorphose du réel

Métamorphose du réel est la première monographie de l’artiste québécois Jocelyn Philibert.

« Il est rare qu’une œuvre soit si riche en ramifications. Il ne s’agit que d’arbres et de paysages, après tout. On aperçoit certes des personnages dans ces prises de vue, mais ceux-ci vaquent à bien peu de choses. Rien pour bouleverser le spectateur. Rien. Presque rien. Or, dans ce presque rien se trouvent des renvois à un monde intérieur profondément enfoui. Sans trop en comprendre la provenance, nous voilà envahis par des récurrences, autant de références à la mythologie, à l’art, à l’histoire de l’art, à la représentation du réel visible, au réel, à la fiction, à l’objectivité, au libre arbitre, à la nostalgie des origines, en somme, à la question « Que faisons-nous là depuis si longtemps ? » Une bonne part de la force de la démarche de Jocelyn Philibert réside dans ses images offrant un plaisir immédiat tout en ouvrant sur un vaste champ d’investigations, logique, esthétique et métaphysique. » (Marcel Blouin)

Itinéraires

Itinéraires… s’est construit à partir d’une invitation lancée à une cinquantaine de photographes à proposer des images où se rencontrent la photographie et le voyage sous toutes ses formes. Chacun a exhumé un corpus de photographies pour la plupart inédites, parfois solitaires, souvent des pépites oubliées.

Le livre a été composé avec la complicité de Philippe Dollo (photographe),Joël Van Audenaege (photographe, éditeur et graphiste) et Vincent Bengold (Festival Photographes voyageurs).

Sébastien Berlendis et Fabien Ribery ont été invités à participer au voyage par leurs mots.

HK Destins/Schicksale

HK Destins Schicksale est un voyage de quête et d’enquête littéraire et photographique sur les traces de Heinrich König, né en Allemagne, témoin, acteur et victime des deux guerres mondiales, résistant au nazisme mort pour la France. En quête aussi des mémoires de papier enfouies dans les archives où subsistent des échos de ce destin européen paradigmatique. De cette matière patiemment recueillie, Arno Gisinger et Pierre Rabardel ont conçu un livre bilingue, français-allemand, inventant de nouvelles formes d’écriture pour tresser ensemble mots et images en une oeuvre dont les contributions d’Anne Bationo-Tillon et Florian Ebner développent et amplifient la puissance polyphonique.

Vivian Maier en toute discrétion

Une nouvelle photographe, Vivian Maier, est découverte en 2010 alors qu’elle vient de disparaître. Ses dizaines de milliers de clichés, dont une majorité de négatifs non développés, ont été découverts après sa mort, faisant d’elle une artiste célèbre. À partir de là, tous s’interrogent sur l’histoire de cette femme, sur sa personnalité, et découvrent qu’elle a aussi, un lien très fort avec la France.

Françoise Perron est partie sur ses traces, à New York, à Chicago et dans les Hautes-Alpes et a recueilli le récit de ceux qui l’ont bien connus en France et aux États-Unis, dévoilant ainsi, au-delà de la caricature de nounou acariâtre, qui a souvent circulé à son sujet, une personnalité trouble et attachante. De l’enfance de Vivian Maier dans cette vallée du Champsaur des années trente en passant par l’adolescence au sein d’une famille qui se déchire, jusqu’à cette jeune femme qui brave les usages de la société américaine des années cinquante, le livre retrace toutes les époques. À travers l’oeuvre prolifique de la photographe, dispersée entre les mains de différents collectionneurs, l’ouvrage dévoile les différentes facettes de sa personnalité : son intelligence, sa curiosité intellectuelle.