beaux livres : photo, architecture, art

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L’Amoureuse

Après le succès de Mère et fils (paru en 2018), les éditions Loco sont heureuses de collaborer de nouveau avec l’artiste bruxelloise Anne De Gelas avec la réédition de son livre : L’Amoureuse paru en 2013 aux éditions Le Caillou Bleu et depuis lors introuvable.

L’Amoureuse est la chronique autobiographique d’une douleur immense, celle du deuil suite à la perte de l’être aimé. C’est un récit qui mêle, comme on le trouvera des années plus tard dans Mère et fils, des extraits de journal, des photographies, (autoportraits, portraits de son fils, nature-morte…) et des dessins griffonnés. Des compositions devenues caractéristiques d’un style propre à une artiste si singulière.

« T. mon amoureux. le père de mon fils, est décédé le 5 avril 2010 d’un accident vasculaire cérébral. Il est tombé à côté de nous sur une plage de la mer du Nord. La violence de sa mort m’a placé devant un grand vide… un silence qui résonnait dans ma tête auquel faisait écho un ciel bleu intense de l’absence d’avion du aux cendres d’un volcan en colère, ma colère. Face à cette perte, je me suis enfoncée dans mon travail quotidien de journal intime que je poursuis depuis plus de 10 ans, en y inscrivant ma souffrance mais aussi ce trop plein de vie qui bouillait en moi. » Anne De Gelas

Jeff Wall

Avec Jeff Wall. Refonder la modernité , Philippe Bazin nous livre son point de vue d’artiste sur le travail d’un photographe mondialement célébré. Invitant sans arrêt l’irréel au sein du banal, Jeff Wall est passé maître dans l’art de l’étrangeté familière. Philippe Bazin propose ici un panorama de son oeuvre qu’il balaye généreusement, depuis les tous premiers travaux de la fin des années 1970 jusqu’à l’aube des années 2000. Il éclaire ainsi une trentaine de photographies, reproduites en grand format, en les confrontant à l’idéal baudelairien du « peintre de la vie moderne », qui irrigue la pratique et la réflexion de l’artiste canadien depuis ses débuts. Ce livre présente l’avantage de s’offrir comme une conversation fluide, un dialogue intellectuel et sensible entre deux photographes à l’affût du « fantastique réel extrait de la vie », que Baudelaire avait entrevu.

Galisteo Équivalences

Durant l’été 1989, Monique Deregibus rencontre au coeur du désert du bassin de Galisteo (Nouveau-Mexique, États-Unis), un lieu spécifique, isolé et puissant, chargé d’histoires chamaniques et de réminiscences indiennes. Pendant dix années (1989-1999), puis au cours d’un dernier voyage en 2017, elle ne cessera d’y revenir pour toujours photographier ces mêmes paysages, répétés jusqu’à l’usure, ces blocs chaotiques de pierre chargés de pétroglyphes indiens, déposés à la surface, saturant le paysage de si fragiles dess(e)ins.
Appelés Anasazis (les Anciens), et vivant sur les bords du Rio Grande, ils laissèrent sur les rochers des figures pariétales, des gravures attestant de leur passage (xiv-xviie siècles) ainsi que de leur présence rituelle, avant de disparaître de manière encore inexpliquée… C’est dans ce même désert américain que fut inventée et testée la première bombe atomique de l’histoire de l’humanité à Alamagordo, Nouveau-Mexique (juillet 1945) pour le pire à venir. Ce n’est que plus tard, dans l’après-coup de sa pratique, que se dévoilera pour la photographe ce qui se logeait inconsciemment là : un usage de la photographie tel qu’il voile et dévoile une image en suspens,
silencieuse, qui véhicule presque toujours une histoire humaine chaotique faite de bruits et de guerres.
Les extraits de texte qui ponctuent Galisteo Equivalences ont tous été choisis dans un vaste corpus de contes transmis oralement et recueillis par Jerome Rothenberg, immense poète américain, à la fin des années 1960, dans le livre intitulé Shaking the pumpkin traduit récemment en français par les éditions PURH sous le titre Secouer la citrouille. Les poèmes navajos, pueblos, zunis et hopi représentent l’univers sacré des Indiens du sud-ouest américain et font entendre dans le vif d’une langue leur dimension quotidienne et spirituelle.

Le Gel – L’Île

LE GEL – L’ÎLE réunit deux voyages, deux volets d’une recherche photographique sur un territoire à travers le prisme de mon imaginaire et de mes émotions, une fiction campée dans le Golfe du Saint-Laurent au Québec. Je m’étais donnée rendez-vous avec la Terre-Mère et le versant documentaire de l’exploration de ces régions a cédé place à un champ plus vaste, introspectif.

LE GEL – Hiver 2013, Gaspésie, île du Prince Edouard, îles de la Madeleine, Côte-Nord. Je suis allée à la rencontre de cet hiver, j’ai traversé les grands espaces lorsque que les conditions de vie sont plus rudes et que la nature semble reprendre ses droits. La solitude de générations de femmes m’a touchée.

L’ÎLE – Eté 2016, je me suis rendue sur l’île d’Anticosti, la plus large du Golfe, 8000 km2 de forêts préservées, de rivières pures, un village, et environ 200 habitants. Elle incarne l’archétype de l’île sauvage. Hantée par ses histoires de naufragés, elle semble imprenable.

Grand Bain

D’abord sanitaires, puis espaces d’apprentissage de la nage et lieux de compétition, avant de devenir des équipements de détente et de loisirs, les piscines franciliennes ont été profondément marquées depuis la seconde moitié du xixe siècle par les usages du public. Des pratiques sont nées une variété de formes architecturales, tantôt réduites à un simple bassin, parfois industrielles, et dans certains cas, originales. Jusqu’à aujourd’hui, la longue histoire des piscines en Île-de-France a montré comment l’inventivité des architectes a été mise au service de toutes les activités aquatiques.
Le présent ouvrage offre ainsi un regard inédit sur ces espaces du quotidien à travers une sélection de photographies réalisées depuis les années 1980 par l’Inventaire d’Île-de-France. Extraites d’un corpus de milliers d’images, elles donnent à voir sous un oeil poétique des objets, matérialisent la lumière qui inonde les bassins ou effacent les contours parfois rugueux des structures.

Impact

Ils se nomment Antoine, Lola, Jean, Patrice, Yann, Vanessa, Gwendal, Casti, Joan et Jérémy. Ils et elles sont réunis dans cet ouvrage sous l’œil du photographe Rudy Burbant.

Dix victimes de violences policières survenues lors d’opérations de « maintien de l’ordre », dix femmes et hommes qui participaient à des manifestations pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail, pour alerter sur le réchauffement climatique ou tout simplement réunis aux abords d’un stade de foot ou pour participer à la fête de la Musique.

IMPACT, c’est le récit photographique et les témoignages de vies qui basculent, de combats pour se reconstruire et d’inlassables luttes pour faire reconnaître les préjudices qu’ils ont subis. L’ouvrage présente leurs portraits, et prend le temps de saisir ce qui se joue dans leurs vies, à travers leurs regards qui nous font face, leurs stigmates, puis la découverte de leurs récits.

Ce Monde-là.

_ Un photojournaliste, c’est d’abord un reporter qui écrit en images. La définition est simple et convoque immédiatement dans la mémoire collective une série de noms et d’images entrés dans la postérité comme Robert Capa et la guerre d’Espagne ou Don McCullin et la guerre du Vietnam.

Si les conflits, militaires ou sociaux, occupent toujours une place particulière dans le monde du photoreportage, comme en témoigne la couverture de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le regard des photojournalistes s’est ouvert ces dernières décennies à d’autres réalités, développant des visions et des écritures plus singulières.

Cet ouvrage réunit 134 photographes faisant oeuvre commune. Voyage unique à travers 30 ans de photojournalisme, ce livre propose une sélection des images qu’ils ont faites et qui ont marqué leur parcours. Au fil des pages, ces clichés dressent un portrait collectif et singulier, parfois subjectif mais toujours aiguisé, des trois dernières décennies de notre histoire commune.

Ce parcours à travers le monde est émaillé des témoignages des photographes. Tous proposent une vision de leur métier et de ses évolutions au regard des mutations profondes – économiques, techniques, sociales voire même anthropologiques – qui ont marqué les trois décennies qui viennent de s’écouler.

Calanques Frontières

Au cours de 2018 et 2019, Franck Gérard a été invité à séjourner à plusieurs reprises à la fondation Camargo, située en plein milieu du site, exceptionnel et protégé, des fameuses Calanques marseillaises. Le photographe, à son habitude, s’est immergé dans ce paysage, photographiant personnes, sites et situations qu’il pouvait rencontrer lors de ses marches quotidiennes.

Comme dans son livre En l’état, il sait toujours relever une situation cocasse, ou faire découvrir à son spectateur un point de vue d’une incroyable beauté.

Il a poursuivi ce qu’il développe maintenant souvent dans les projets qu’il entreprend : il accompagne sa photographie d’un travail d’écriture, entre journal de travail et récit littéraire. Enlevée et truculente, légère et grave comme son regard photographique, son écriture sait embarquer le lecteur dans ses rencontres, lui faire partager ses impressions et sensations.

La forme du journal s’est imposée. Un livre où nous découvrons les Calanques à travers un récit qui se tisse tout au long des pages entre photographies et textes. Un livre où l’image et le texte se confortent mutuellement.

Les perspectives dépravées (Apories)

Les perspectives dépravées, dont le titre est empruntée à l’historien de l’art Jurgis Baltrusaitis, est le nom d’une série photographique de l’artiste Sabine Meier. Ce travail photographique est accompagné d’un ensemble de constructions, mettant en scène des espaces invraisemblables, bien qu’apparaissant à l’image comme mathématiquement cohérents.

Sur chaque photographie, un détail entre en conflit avec la logique apparente de l’espace représenté et en révèle l’aberration. Lors d’expositions, les constructions sont montrées conjointement aux photographies, en tant que sculptures. Chaque construction est la concrétisation matérielle d’une hypothèse géométrique aberrante. On passe sans cesse d’un concept à son incarnation selon une méthode qui tient tour à tour de l’expérimentation empirique et du postulat mathématique.

Le livre se présente comme un carnet de travail. Il reprend, en facsimilé, certaines des pages des carnets qui accompagnent l’artiste lors de la conception de ses oeuvres. Dessins préparatoires, notes et réflexions diverses, reproductions d’images et sources d’inspiration plongent le lecteur dans le lent processus de création nécessaire à Sabine Meier pour concevoir et préparer ses œuvres photographiques. Car la réalisation d’une seule image peut prendre plusieurs mois… Les reproductions des oeuvres finalisées viennent également rythmer ce véritable livre d’artiste.

Le livre de Patrícia

À partir de 2016, la photographe portugaise Patrícia Almeida rassemble des documents sur la photographie. Elle trie les exemples qu’elle montre à ses étudiants, achète des manuels d’occasion, retrouve ses premiers négatifs. Elle projette d’écrire un livre sur son histoire personnelle de la photographie. Quelques mois plus tard, Patrícia meurt et laisse son projet inachevé.

Le jour de sa mort, l’employé des pompes funèbres demande à David-Alexandre Guéniot, le compagnon de la photographe, un portrait pour la veillée du corps. « Sa dernière photographie », pense-t-il alors…

Le projet de Patrícia était relancé, mais à l’envers. Il s’agissait de raconter une histoire en commençant par la fin. Une histoire croisée entre recherche photographique et récit intimiste d’un deuil.