beaux livres : photo, architecture, art

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Il fait jour

Claire Chevrier poursuit sa recherche photographique autour de l’homme et de sa place dans le monde. Après avoir interrogé l’espace des grandes mégalopoles, l’artiste a orienté sa recherche photographique autour des lieux du travail. Pour développer cette recherche, elle a bénéficié en 2010 d’une résidence dans le Nord Pas-de-Calais soutenue par le Centre Régional de la Photographie. C’est dans ce cadre que les photographies de ce livre ont été réalisées. Elle a pu ainsi découvrir l’univers des grands sites industriels, des grandes et petites entreprises, des associations d’aide à la personne, des centres d’aide par le travail ou encore des lieux dédiés à la santé et aux soins. Tout un champ représentatif du travail qui dépasse la simple localisation géographique où Claire Chevrier a opéré. Les images qu’elle a réunies dans cet ouvrage deviennent emblématiques d’un monde du travail aujourd’hui, en France et ailleurs, avec ses propres lieux, ses propres acteurs et sa propre scénographie.

Les textes de Sidi Mohammed Barkat, Damien Sausset et Pia Viewing proposent une lecture du travail photographique de Claire Chevrier selon des perspectives historiques, esthétiques ou philosophiques.

Cet ouvrage a été coédité avec le Centre Régional de la Photographie Nord-Pas-de-Calais et les éditions Silvana Editoriale en Italie.

Il reçu le soutien du Centre national des arts plastiques, du Musée Nicéphore-Nièpce à Chalons-sur-Saône, et de l’APEI du Valenciennois.

La photographie iranienne

Loin d’être une simple suite de reproductions, cet ouvrage se distingue par le parti pris d’une organisation thématique. La sélection des images vise à refléter la scène artistique photographique de ces dix dernières années en se démarquant des images emblématiques maintes fois montrées et sans user d’une vision exotique du pays qui exciterait la simple curiosité.
_ La photographie iranienne se caractérise par son degré d’engagement et sa dimension politique. Les démarches des artistes sont rarement neutres, et pour la plupart d’entre eux, le choix des sujets et leur mise en œuvre restent une question délicate.

La Photographie iranienne présente aussi bien l’œuvre des plus grands photographes iraniens, véritables icônes, que des photographies d’artistes contemporains émergents et indépendants.

Le livre rassemble les œuvres de :
Ahmad Aali, Sasan Abri, Mehrdad Afsari, Ali & Ramyar, Mehraneh Atashi, Dadbeh Bassir, Gohar Dashti, Arash Fayez, Shadi Ghadirian, Mohammad Ghazali, Arash Hanaei, Ghazaleh Hedayat, Peyman Houshmandzadeh, Bahman Jalali, Rana Javadi, Katayoun Karami, Mahboubeh Karamli, Babak Kazemi, Abbas Kowsari, Meysam Mahfouz, Mehran Mohajer, Mehdi Monem, Tahmineh Monzavi, Mehrdad Naraghi, Mohsen Rastani, Zeinab Salarvand, Reza Shojaei, Nasrin Talebi, Shahriar Tavakoli, Newsha Takavolian, Sadegh Tirafkan, Hamila Vakili, Hamed Yaghmaeian, Mohsen Yazdipour, Ali Zanjani.

Un hiver d’Oise

Dans Un hiver d’oise, Thierry Girard a renoncé à son parti pris habituel de rendre compte d’un itinéraire, et a décidé de construire trois ensembles d’images inspirés par des paysages et des éléments constitutifs du département de l’Oise. Il a fait se rencontrer ses problématiques de travail actuelles avec des références littéraires également liées à ce territoire.

Ainsi, la première partie, intitulée Toise, manifeste une attirance pour la vastitude uniforme du plateau picard que Thierry Girard a traité comme ses paysages maritimes et atlantiques.

La seconde série, Noise, est avant tout liée à l’œuvre de Nerval, le poète du Valois, mais évoque aussi La Belle Noiseuse de Balzac, et donc la question de la représentation. D’où l’idée, de travailler sur l’ambiguïté de la représentation du corps dans la peinture ou la statuaire religieuse et de suggérer, à travers quelques portraits de jeunes filles et des atmosphères de bois ou de nature, un univers pictural et littéraire d’un romantisme un peu sombre et mélancolique… nervalien en quelque sorte.

La troisième partie, Poise, présente des paysages urbains photographiés à la chambre 4 x 5. Ne s’intéressant ni aux monuments, ni aux belles demeures, ni aux fermes pittoresques, mais à des lieux de brique et de gris qui renvoient à l’histoire industrielle et ouvrière de l’Oise et à une époque symbolisée par l’œuvre d’Henri Barbusse, autre écrivain isarien.

Ces trois séries ne disent pas, bien évidemment, toute l’Oise, mais proposent trois entrées, trois approches possibles, à la fois justes et très subjectives.

La photographie par les enfants

« Photographie à l’école » est un projet initié depuis 2001 par la Maison de la photographie Robert Doisneau dans les écoles du CE2 au CM2 de Gentilly, qui s’est élargi, en 2008, à l’ensemble des écoles de la Communauté d’Agglomération de Val de Bièvre. Il est piloté par deux photographes professionnels, Yve Flatard et Jean-Jacques Grezet. Ce cycle de formation est intégré au cursus scolaire. Il permet aux enfants de s’initier à la prise de vue et à la lecture d’images, et donne lieu chaque année à une exposition qui présente leurs créations. Avec les enseignants, il se poursuit par des activités pédagogiques dans différents domaines, que ce soit la lecture, l’écriture, les arts plastiques, l’histoire, la géographie ou l’expression orale.

Le livre retrace ainsi dix années d’une expérience pédagogique unique consistant à familiariser des enfants à la photographie et à leur apprendre à décrypter une image photographique. Chaque année un thème de travail est proposé par les initiateurs du projet (Le temps qui passe, Lumières et espace, Matières et couleurs, écritures…). Mis en véritable situation de reportage, les apprentis photographes se confrontent à la ville, aux gens, à leur environnement pour rechercher leur sujet, s’interroger sur le meilleur point de vue à adopter avant de décider de prendre une photographie. Il s’opère ici un véritable apprentissage du regard qui ne se contente pas seulement d’appuyer sur le déclencheur et de découvrir, presque par hasard, le résultat : les images sont là pour le prouver.

La radicalisation du monde

Depuis plus de vingt ans, Philippe Bazin photographie le visage d’individus pris dans un contexte institutionnel (l’hôpital, l’hospice, l’école, la prison…). L’ensemble de ce vaste projet artistique sur les visages de nos contemporains interroge la présence de l’homme au sein des institutions qui encadrent notre vie de la naissance à la mort, tel que Michel Foucault a pu en parler dans son œuvre, mais pose aussi la question de la singularité. Il s’agit, par la photographie, de redonner visage à des personnes qui, absentes de notre regard, ont souvent disparu d’une visibilité collective.

Chaque visage est montré comme l’affirmation d’une présence au monde, faite d’une chair et d’un regard avec lesquels nous devons compter.

Les photographies de Philippe Bazin évitent tout psychologisme, tout pathos, et ne cherchent pas à dévoiler une prétendue intériorité ; elles ne sont pas non plus d’ordre social mais tentent de faire le vide de toute présence extérieure à l’être lui-même. On peut considérer que Bazin établit une sorte de mémoire collective tirée parfois des franges de notre société.

Cette monographie réunit et clôt en cinq cent quatre-vingt cinq photo­graphies l’ensemble de son œuvre autour de la question du portrait. Elle est accompagné d’un essai inédit du philosophe et historien de l’art Georges Didi-Huberman et d’un texte de la philosophe Christiane Vollaire qui interrogent cette œuvre singulière du côté de l’esthétique, de l’histoire de la photographie ou encore du politique.

Una cosa mentale

En déclarant que « la pittura è mentale », Léonard de Vinci visait à consolider la place de la peinture parmi l’aristocratie des arts libéraux, en rupture avec la tradition artisanale… Sortie de son contexte, la remarque de Vinci est aujourd’hui devenue très souvent un credo pour des approches dites « conceptuelles » de l’art. En s’y référant à son tour, Regina Virserius a également voulu mettre en avant la dimension du concept. « Mentales », ces chaises fantomatiques à coup sûr le sont. Se détachant à peine de l’ombre qui les entoure, ou bien, au contraire, irradiées de lumière, elles font à première vue douter de leur réalité concrète.

Conçu autour des chaises de grands designers, le livre s’ouvre sur une première partie présentant, sans autre commentaire, des photos de chaises en noir, et se poursuit, après la rupture que représentent au centre de l’ouvrage les cahiers de textes, sur des chaises en blanc. Ces deux parties se répondent comme par projection ou équivalence. Ce sont, en quelque sorte, des variations autour de la représentation (ou de l’empreinte) d’un objet resté en dehors du livre.

Une attention soutenue a été portée à la reproduction de ces œuvres souvent aux confins du noir ou du blanc et du visible. C’est pourquoi nous avons travaillé avec des bichromies et des vernis adaptés aux teintes des originaux afin de traduire lors de l’impression, la finesse des tirages d’exposition, souvent à la limite de la perception.

La couverture du livre, reliée en plein papier de création, est imprimée noir sur noir, poursuivant le jeu sur les limites de la perception en faisant de Una Cosa mentale un véritable livre-objet. Cet ouvrage est le premier catalogue monographique de l’artiste.

Autour des réalisations de :

J. Abraham & D. Jan Rol, François Azambourg, Pierre Charpin, André Dubreuil, Charles & Ray Eames, J. Ferrari-Hardoy, A. Bonet & J. Kurchan, P. Gatti, C. Paolini & F. Teodoro, Pierre Guariche, Arne Jacobsen, Poul Kjaerholm, Patrick Norguet, Verner Panton, Philippe Starck, Robert Mallet Stevens, Martin Szekely, Roger Tallon.