beaux livres : photo, architecture, art

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Pierre Jahan. À l’ombre des rois, lumières et jeux de la photographie

Pierre Jahan (1909-2003) était photographe, mais aussi illustrateur, dessinateur, peintre, contemporain de Sougez, Ronis, Doisneau, Kertész, Landau, Steiner… Membre du groupe Rectangle puis de celui des XV, et représentant –pas toujours reconnu à sa juste place– de ce qu’est la photographie : un art du passage, un art de la traversée, mais aussi un art des écarts, un art où l’ombre peut être la muse d’un regard autre, la preuve d’une attention singulière à un état de vie, à un état d’âme, à un état de fait…

Cette monographie reprend les grands ensembles que Pierre Jahan a réalisés au cours de sa carrière :

– les Gisants de la basilique Saint-Denis,

– la série des nus de Plain-Chant,

– la série La Mort et les Statues,

– Paris chante sa nuit,

– les puces,

– la vie bâtelière,

– la poésie du rail,

– le travail du verre,

– les études publicitaires,

– les œuvres surréalistes,

– l’exposition surréaliste de 1938 (images inédites).

L’Invention d’une île

Il n’est pas aisé de classer le travail de Thierry Fontaine qui oscille à la périphérie de plusieurs genres. Si son support de prédilection est la photographie, il serait difficile de le définir comme un photographe. Ses différents travaux s’apparenteraient plutôt à des actions, à des mises en scène dont il se charge ensuite de fixer l’image sur la pellicule.
Dans l’œuvre de Thierry Fontaine, différents niveaux de perception sont parallèlement générés par la symbolique de l’image, sa charge poétique et par la manière dont l’artiste l’élabore. Celui-ci pousse effectivement assez loin les instruments de ce que l’on pourrait appeler sa « fabrique de l‘image ».

Si Thierry Fontaine est un artiste aux pratiques contemporaines dont le travail s’inscrit dans les démarches occidentales les plus pointues, il fait corps avec sa culture. Il est natif de l’Île de la Réunion, et nous renvoie incidemment à l’endroit d’où il vient. En cela, il nous parle d’exotisme et pose la question sociopolitique de nos codes perceptifs et des préjugés dont les cultures non dominantes sont toujours prisonnières. Fontaine évite pourtant et à tout prix le politiquement correct. Il désarme avec élégance le cynisme des uns ou la tentative de récupération des autres car il sait intimement où il est et là où il souhaite placer son oeuvre, inclinaison qu’il partage avec le poète martiniquais Edouard Glissant.

Toucher Terre

Toucher terre se compose tel un véritable livre d’artiste en une seule suite d’images. Un texte de l’artiste Christian Bonnefoi est imprimé sur un livret à part glissé dans l’ouvrage. Dès la première page, le lecteur pénètre dans un univers de photographie, des images reproduites en très grand format, et croise des personnages semblant sortis d’une épopée mythologique, saisis dans des gestes et des postures les décrivant dans des instants de gravité ou de grâce, au milieu d’espaces toujours empreints, même s’ils nous sont étrangement familiers, d’un ailleurs.

ALL ABOUT LOVE

Depuis les années 1990, Jean-Christian Bourcart s’immerge dans les profondeurs des lieux cachés du sexe, d’où il rapporte des images, volées, aux grains éclatés, au flou suggestif et aux couleurs explosées. Ce livre nous offre crûment la découverte des nuits du sexe, bordels ou clubs échangistes, ouvrant les portes d’un univers fellinien ou pasolinien, méconnu et souvent objet de fantasmes.

Tentatives d’évasion

Clairvaux, abbaye et prison : cette double identité, aujourd’hui unique en France, ne peut que susciter des projets à l’image d’une telle singularité. C’est en s’appuyant sur le caractère exceptionnel de ce site, tant sur le plan historique et patrimonial que sur les grandes questions humanistes soulevées par le milieu carcéral qu’Anne-Marie Sallé, dès la création du festival « Ombres et lumières » en 2004, a construit un projet artistique complet autour de cette identité dont l’enfermement, volontaire ou subi, reste le dénominateur commun.

Les détenus auteurs des textes de cet ouvrage ont participé à des ateliers d’écriture et de photographie en collaboration avec les compositeurs invités du festival de musique « Ombres et lumières » et des artistes de différentes disciplines ; l’objectif – atteint comme l’atteste la qualité des textes produits – étant de libérer la parole des détenus et de leur offrir une possibilité d’évasion par la culture.

Ce travail d’écriture constitue la matière du livret pour la composition d’une création musicale pour chœur. Ainsi, plusieurs créations de Philippe Hersant et de Thierry Machuel ont vu le jour dans ce contexte.

Cet ouvrage a l’ambition de retracer cette expérience, en associant les textes
et les images des détenus aux œuvres, et interventions des artistes participants. L’ensemble de ces textes est accompagné de deux portfolios, réalisés par Jacqueline Salmon et Julien Sallé.

Au fil des pages, des textes et des images, c’est avec retenue et talent, que les détenus nous livrent leur solitude, leur nostalgie et leurs rêves.

Écarts

Thibaut Cuisset est l’un des représentants les plus importants aujourd’hui du renouveau de la photographie de paysage en France. Invité à travailler sur la ville de Clermont-Ferrand, il a choisi de s’intéresser aux abords de l’agglomération auvergnate. Il a suivi les bords de la ville, ces écarts par rapport à un centre-ville, là où entre habitations et zones d’activités des percées commencent à s’ouvrir sur un paysage sauvage de monts et de puys d’Auvergne. De zones aux fortes concentrations de petites habitations à celles où perdurent les exploitations agricoles, l’exploration photographique de Thibaut Cuisset rend compte d’un territoire, d’une diversité et de comment une nature façonne le caractère d’une ville.

Le livre se construit par ensembles géographiques entrecoupés par des pleines pages de montagne, ces contrepoints de nature sauvage jamais très loin de là où l’on se trouve dans la ville. Des écarts de la vue, pour reprendre le titre du livre.

La taille de ce vent est un triangle dans l’eau

La taille de ce vent est un triangle dans l’eau est une monographie qui réunit les travaux récents de Manuela Marques. Les photographies de ce livre n’obéissent à aucun mouvement thématique, chronologique ou narratif, mais expérimentent des relations, des déplacements, et rapprochements entre les images. À travers un vaste éventail de sujets : arbres, pierres, mains, gestes… Manuela Marques tend à mettre en doute ce que, nous, spectateur, percevons d’une réalité.

Limons

Limons est la première monographie du photographe Rémi Guerrin.
Rémi Guerrin photographie le monde qui l’entoure avec une grande liberté.
Les procédés primitifs qu’il utilise (sténopé, cyanotypes, tirages au charbon) lui permettent de rendre plus abordable, plus visible ce qu’il ressent.
Observateur patient des pays tel le Vietnam et des villes qu’il traverse, portraitiste de l’intime quand il photographie ses enfants, l’artiste se montre à la fois contemplatif et descriptif. Placé dans une intensité lumineuse particulière, le moindre fragment de matière semble transfiguré par l’économie des moyens de prises de vues et les techniques anciennes avec lesquelles il réalise ses tirages uniques par contact.

Paysage cosa mentale

Durant ces quatre dernières décennies, le sujet « Paysage » est devenu une des problématiques majeures de la photographie contemporaine. L’essai de Christine Ollier examine et synthétise l’ampleur du renouvellement conceptuel et formel lié à cette thématique. Les notions philosophiques qui structurent cette notion aujourd’hui se sont complexifiées ; les différents courants esthétiques de notre modernité ainsi que les apports des technologies de l’image en ont élargi la vision.
Cet ouvrage présente un certain nombre de démarches artistiques exemplaires mettant en avant la complexité et la richesse de ce courant photographique contemporain. Outre la synthèse de l’auteur, il laisse une grande part aux reproductions d’oeuvres de près de 70 artistes français et étrangers.

Cet ouvrage a reçu le soutien de :
Arsenal de Metz / Artothèque de Vitré / Centre national des arts plastiques / Fondation nationale des arts graphiques et plastiques / Maison nationale des artistes de Nogent-sur-Marne / Maison des Arts Solange-Baudoux de la Ville d’Évreux / Musée de La Roche-sur-Yon / Musée de Laval

Human version

Robots. La seule évocation de ce mot suffit à faire surgir tout un imaginaire nourri, depuis Mary Shelley, par une littérature bientôt reconnue sous le genre de la science-fiction, et entretenu par une filmographie qu’on ne compte plus. Yves Gellie a commencé en 2008 à visiter les grands laboratoires scientifiques qui développent un programme de robotique humanoïde à travers le monde. Il découvre l’univers dans lequel prennent forme, et donc vie, ces avatars androïdes que l’on destine, entre autres, aux secteurs de l’armée, de la santé ou de l’aide à la personne. La réalité dépasse souvent la fiction et les photographies qu’il rapporte de son investigation dans le milieu de la recherche, sont de véritables portraits – excluant souvent la présence humaine – pris dans l’environnement du laboratoire, jardin originel où est en train de naître une nouvelle espèce. Paradoxalement, les préoccupations des chercheurs rejoignent aujourd’hui celles imaginées par la science-fiction ; en 2007, le parlement coréen s’est inspiré de l’œuvre d’Isaac Asimov pour formaliser une série de lois instituant les relations entre l’homme et le robot !

Conçu comme un véritable livre d’artiste, le lecteur découvre après un préambule législatif, les photographies d’Yves Gellie reproduites en grand format, suivies d’un entretien entre le photographe et le philosophe Jean-Michel Besnier.

Cet ouvrage a été publié avec le soutien du Fonds de dotation agnès b, et de la société Fiber.