beaux livres : photo, architecture, art

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FESSENHEIM, VISIBLE / INVISIBLE

Fermer Fessenheim ? L’arrêt de la centrale de Fessenheim est une décision politique, prise par le gouvernement et non une demande de l’Autorité de sûreté nucléaire ou de la direction d’EDF. Qu’implique-t-elle ?

Entre beau livre de photographie et livre de texte, l’ouvrage invite le lecteur à rentrer, par le regard du photographe, à l’intérieur de ce que le néophyte peut considérer comme un sanctuaire : un lieu qui reste mystérieux et dont nous avons très peu de représentations, et partager le quotidien des hommes qui y travaillent.

Le texte de Sylvestre Huet vient en contrepoint des images. À travers et au-delà de l’exemple de Fessenheim, et de l’annonce de sa fermeture, programmée fin 2016, de manière concise et précise, il traite des controverses nucléaires en les éclairant d’une réflexion plus générale sur le contrôle démocratique de technologies puissantes mais à risques et sur le partage du savoir.

Du vent, du ciel et de la mer

En 1785, Alexander Cozens publie une méthode permettant non pas d’imiter la nature mais de l’imaginer. Il détermine 23 ciels que Constable recopiera soigneusement avant de lire la publication de Luke Howard proposant une nomenclature des nuages et de se passionner pour une « histoire naturelle des cieux ».

Du vent, du ciel et de la mer de Jacqueline Salmon peut s’envisager comme une histoire naturelle revisitée, entremêlée d’histoire de l’art et de créations photographiques.
Ses recherches mettent en évidence la poésie qui se dégage d’une porosité entre art et sciences. Elles viennent en écho à la collection du musée du Havre, riche en œuvres d’Eugène Boudin, aux codes météorologiques et à la lumière de la Manche.
L’ouvrage prend la forme d’un registre foisonnant, mêlant iconographie de diverses sources, empruntée et choisie par l’artiste, à ses propres créations. Michel Poivert livre en contrepoint à cette oeuvre, un texte en forme de fausses notes, jouant de son côté de cet imaginaire scientifique caractéristique à ce livre.

European Puzzle

Depuis 1985, Jean-Christophe Béchet photographie l’Europe en voyageant de ville en ville. Aujourd’hui, il connaît quasiment tous les coins et recoins de ce continent. Mais de quelle Europe s’agit-il ? Il y a l’Europe économique, politique, géographique, footbalistique… Il y a des Europe. De Gibraltar à Kiev, de Reykjavik à Istanbul. Certaines frontières s’écroulent, d’autres se referment. Métissages, melting-pot, mélanges, mondialisation. Européanisation ? Existe-t-il encore une Europe de l’Ouest et une Europe de l’Est ? Et une Europe du Sud autour de la Méditerranée ? Parfois, les mots se vident vite de leur sens. En perdant sa dernière syllabe, l’Europe est aujourd’hui devenue une simple monnaie.

« S’interroger sur l’Europe, c’est questionner sa propre identité d’Européen. En quoi suis-je Européen ? Au delà des questions économiques qui rythment trop souvent le “sentiment européen”, je souhaite essayer de construire ce puzzle comme une longue mélodie musicale ancrée dans la réalité de ces trente dernières années. En 1955, Henri Cartier-Bresson publiait Les Européens. Soixante ans plus tard, alors que tout le monde parle sans cesse d’Europe, un tel sujet semble impossible à envisager… Pourtant n’est-ce pas le défi de la photo d’apporter une vision poétique et documentaire quand les mots, les chiffres et les analyses ont déjà épuisé leur interprétation du réel ? » Jean-Christophe Béchet

Salle des fêtes

Thierry Girard, invité par le musée de la Chasse et de la Nature à réaliser une résidence d’artiste sur le domaine de Belval dans les Ardennes, s’y rend avec l’idée de rendre hommage à l’esprit de Walden de l’écrivain américain Henry David Thoreau.

Il espère la neige, le froid et l’ascèse, mais ne trouve que déluge et tempête fouettant ce qui s’avère être aussi un champ de bataille, celui des trois guerres qui se sont succédé, et particulièrement, là où il se trouve, celui de la défaite de 1870. Salle des fêtes est porté à la fois par un texte de Thierry Girard à la scansion poétique et par le récit photographique d’une exploration hivernale de ce territoire de la défaite.

Patrimoines revisités

Cet ouvrage est issu d’une commande photographique passée par la ville de Reims à 5 photographes européens et encadrée par Gabriel Bauret : Jordi Bernadó a exploré avec attention les décors les plus variés de Reims, jusque dans les profondeurs des crayères : il s’est arrêté sur des détails de la réalité que lui seul sait voir et mettre en image avec esprit.

Arno Gisinger a sondé l’histoire de la ville à de multiples endroits et s’est employé à réactiver la mémoire de plusieurs épisodes qui participent de la fabrique du patrimoine.

Claudio Sabatino a mis en perspective monuments et urbanisation moderne et avec l’oeil d’un architecte, il a élaboré un parcours qui l’amené de la cathédrale Notre-Dame au quartier du Chemin Vert.

Paolo Verzone a confectionné des portraits in situ de figures dont l’existence et l’activité sont à divers titres mêlés au destin du patrimoine.

Quant à Sophie Zénon, elle a aussitôt porté son attention sur les réserves du Palais du Tau. Les nombreuses statues qui les habitent ont, en un magique instant, été ranimées par son écriture photographique.

Le Silence des sirènes

« Le livre de Sandra Rocha semble respirer ainsi, la défaite de la séduction résulte d’une crise des images que traduisent d’emblée les paysages artificiels des papiers peints. S’ouvre alors le monde d’après, celui des images qui parlent du désir sans séduire. Les artistes femmes ont ce génie de l’intériorité, de l’expérience fondamentale de se sentir un corps intérieur et de pouvoir exprimer ce monde. Il sera donc ici question de liquide, de flottement et d’illusion, ce livre est un bain nocturne duquel résonne le chant empêché des sirènes. » Michel Poivert

The Dew of little Things

Carlos Lobo aime parcourir les paysages urbains. C’est au Liban, entre Beyrouth et Tripoli qu’il pose son appareil pour The Dew of little Things. Au travers ces paysages marqués par les guerres, il déploie une poésie unique. Tant en couleur qu’en noir et blanc, ses photographies témoignent d’un monde de l’entre-deux. Le gris ciment des conflits s’efface, cerné par le vert d’une nature renaissante. À l’instar des vers de Gibran qui ont inspirés son titre, «Car dans la rosée de menues choses le cœur trouve son matin et sa fraicheur».

Somme 1916

Jean-Pierre Gilson a parcouru pendant plus de deux ans les paysages de la Somme pour retrouver les lieux qui ont vu se dérouler la terrible bataille de 1916. Par le biais d’une photographie en noir et blanc, Jean-Pierre Gilson redonne à ces lieux de commémoration, cimetières ou simples champs, une puissance mémorielle. Accompagné d’un texte de William Boyd et agrémenté de citations de grands auteurs de la littérature internationale ayant vécu ce conflit, le livre prend une véritable dimension commémorative. « Le Verdun des Anglais » trouve dans Somme 1916 un hommage à sa mesure.

les sons des confins

Les Sons des Confins est la troisième Marche Sonore créée par l’artiste Pierre Redon sur le thème de l’eau. Cette œuvre monumentale propose un parcours initiatique en 8 étapes le long de la Vienne et de la Loire, pour une plongée sonore et visuelle s’appuyant sur l’imaginaire et les mythologies collectives de notre société.

Tel un rite d’initiation pour se redécouvrir, et réaliser un voyage sensible, Les Sons des Confins est une œuvre polymorphe où se mêlent documentaires, photographies, installations, céramiques, cartographie, cérémonies, livre d’artistes et créations sonores pour l’espace public.

Grâce au coffret, composé d’un livre photographique, d’un jeu de tarot, et du journal de médiation, chacun peut vivre, écouter, voir Les Sons des Confins en compagnie de l’application smartphone.

Shadow

John Davies, célèbre paysagiste anglais, a posé sa chambre photographique dans le Nord de la France, aux abords de Béthunes. Paysages du bassin minier, les terrils ont modifié la structure même du territoire et donne l’occasion au photographe de créer quelques variations autour de cette particularité
géographique. À son habitude, Davies restitue en un plan large ce qui structure ces paysages porteurs d’une industrie passée. Ce regard porté sur le monde de la mine n’est pas nouveau chez le photographe. En effet, dans les années 1980, John Davies avait photographié, notamment au pays de Galles, les paysages miniers anglais, série qui avait contribué à faire reconnaître tout son talent.

Ainsi, la construction du livre revisite l’histoire du photographe, en confrontant près de trente années entre le travail réalisé en Grande-Bretagne et celui effectué tout récemment en France. Confronte également deux régions de deux pays que l’exploitation de la mine a modifié fondamentalement et dont, bien évidemment, le lecteur saura retrouver de nombreux points communs.