beaux livres : photo, architecture, art

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Entre deux. Entre lieux, entre temps.

Cet ouvrage réunit une trentaine de photographies dont les superpositions et le jeu avec l’espace font surgir une architecture passée et en devenir. Mots, pages et images se répondent pour laisser apparaître les fantômes de prises de vue, de lieux oubliés et de temps révolus.

Parures

Plates des comme des galettes ou élancées comme des hennins surgis du Moyen-Âge, de simple coton ou parées de fils d’or et d’argent, les coiffes normandes accompagnaient les naissances, les mariages et les deuils, signalaient aux yeux de tous l’appartenance à une région ou à un village, révélaient enfin le rang, la fortune, le statut marital.

En dressant l’inventaire visuel de ces « bizarreries » de dentelles et de rubans, l’artiste Christine Mathieu s’est fait archéologue et ethnologue tout à la fois. Aussi légère et poétique qu’une couronne en plumes d’Amazonie, aussi insolites et saugrenues qu’un couvre-chef papou, les coiffes normandes se sont métamorphosées, sous son objectif, en d’exotiques « parures des antipodes ». Et le voyage est fascinant…

Cheminement

Ce livre est le fruit d’une collaboration entre la photographe Claire Chevrier et l’historienne Arlette Farge. Les deux regards s’enchevêtrent et se répondent tout au long du livre.
Claire Chevrier a arpenté l’Essonne pour déchiffrer les paysages urbains et les aménagements paysagers reconnus dans les années 1960 comme les plus à l’avant-garde : ces villes d’Athis-Mons, Évry, Grigny, Morangis, Paray, le Plateau de Saclay, Ris-Orangis et Vigneux. Que reste-t-il de cette utopie architecturale ? Avec toujours l’exemple de la Grande Borne à Grigny créé à l’époque pour apporter des logements sociaux «plus humains» devenu, quatre décennie plus tard, un territoire appelé «zone sensible» regroupant les populations les plus défavorisées.

Arlette Farge chemine à son tour, suivant le parcours photographique de Claire Chevrier, s’arrête sur telle ou telle photographie, enrichissant par touches d’écriture l’ouvrage de ses réflexions.

Lettre à Jean-Lin

Lettre à Jean-Lin est né de l’amitié de Arnaud de La Bouillerie avec un garçon non-voyant, Jean-Lin Patte. Amitié brutalement arrêtée avec la maladie de Jean-Lin, victime du même cancer que celui qui lui avait ôté la vue à l’âge d’un an. Le récit de cette amitié et l’absence d’image pour nous la représenter, autant que son expérience photographique sur l’enfance, ont donné envie à la photographe Marie Liesse de travailler à un projet autour de la naissance de cette relation.

L’objet-livre est ainsi conçu pour être appréhendé tout autant par voyants et déficients visuels. Le récit courant tout au long de l’ouvrage est imprimé en gros caractères, mais également, transcrit en braille. Les images sont elles, imprimées sur un autre papier. L’approche des photographies par les mal-voyants, se fait grâce à des descriptions transcrites en braille.

La vie immédiate

La vie immédiate prend sa source au confluent de deux grands cours d’eau: la Marne et la Seine. Sandra Rocha s’est laissée porter par le courant et a partagé son voyage avec des adolescents tout juste éveillés et conscients de la fuite du temps. Ensemble, ils ont exploré leurs sensations intimes, profondes jusqu’à l’indicible. Cette publication apparaît ainsi comme leur journal intime, composé de leurs propres textes, de collages et de photographies qui interrogent les paradoxes de l’âge, entre la passion de brûler sa vie et la passion de la construire.

Cet ouvrage est conçu comme un véritable livre d’artiste orchestré avec la complicité du graphiste José Albergaria (Change is good).

Résonances

Toute une partie des photographies de Frédérique Bretin nous interroge sur notre désir d’horizon. Comment atteindre ce fond qui se dérobe à chaque avancée ? En prenant la position de l’attente, il y a le secret espoir dans chaque image que ce soit lui, le fond, qui nous rejoigne. C’est ainsi que la poésie de Frédérique Bretin renverse de façon sensible et empirique le système spatial que dicte la photographie : alors qu’on la conçoit comme une fenêtre ouverte et une trajectoire vers l’horizon, ses images sont au contraire l’expérience d’un retournement de cette perspective. Rien mieux que la vague qui fascine tant l’artiste ne traduit cette esthétique d’un espace qui vient à vous, comme le chemin même de la lumière qui vient traverser l’optique et se diffracter sur la surface sensible.

Bab-El

En voyageant à travers Israël et les territoires occupés, Valentine Vermeil a vu des dialectiques et des cultures s’opposer ; une culture musulmane où chaque événement est conforté par la grâce de Dieu, et une culture juive associant l’histoire tragique de son peuple avec un besoin de défense et de suprématie absolue.

Bab-El présente un pays dans sa globalité et sa complexité. Ces photographies s’éloignent délibérément du traitement médiatique et des imaginaires que suscite cette région particulière. Son propos est de mettre en lumière ce qui rassemble les individus, tels les liens de l’appartenance à un groupe qu’il soit social, ethnique ou religieux.

Bains publics

Les usagers acceptent de se laisser photographier dans les bains-douches parisiens et nous font découvrir ces équipements méconnus, datant pour la plupart de l’entre-deux-guerres et toujours fréquentés aujourd’hui. Grâce au travail exigeant de Florence Levillain et à sa collaboration étroite avec Laurent Kruszyk, photographe à la Région Île-de-France, ce livre réhabilite ces lieux et nous entrouvre les portes de bains publics : de l’architecture aux histoires de vie, de l’urbanisme à l’intime, des rituels aux typologies de bâtiments.

État des lieux

«Véritable» manifeste, ce premier volume de la collection « Ré-inventaire » revisite le fonds de l’Inventaire francilien en mettant l’accent sur les partis pris photographiques de ces dix dernières années. De la connaissance à l’interprétation, de l’exceptionnel au banal, l’ouvrage propose un état des lieux qui révèle les frontières de plus en plus poreuses entre photographie descriptive, documentaire et photographie plasticienne.

CARNETS D’IMAGES

Carnets d’images réunissent pour la première fois les recherches photographiques que Angelo de Sousa, dans la lignée du mouvement conceptuel, a commencé à explorer dans les années 1970.

Ângelo de Sousa (1938 – 2011) est l’un des artistes portugais les plus importants de sa génération. Il a exploré une grande diversité de pratiques artistiques (peinture, sculpture, photographie, dessin, film, vidéo, installations) à chaque fois avec une impressionnante production. Depuis sa première exposition individuelle en 1959, à Porto, Ângelo de Sousa n’a cessé d’explorer des techniques, des matériaux, des formes, des supports, sans se limiter à une pratique et sans être contraint plastiquement par telle ou telle difficulté. L’un des traits fondamentaux de son travail est la production en série, avec ses variantes sur l’échelle des choses, ses jeux de formes, ses redistributions de couleurs et transpositions d’éléments plastiques entre les matériaux et les techniques. Ainsi qu’il l’a exprimé, il voulait rendre « le maximum d’effet avec un minimum de moyens. Ou le maximum d’efficacité avec le minimum d’effort. Ou encore : le maximum de présence avec le minimum de cris. »