beaux livres : photo, architecture, art

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In a sense

Charlotte Tanguy revisite les codes d’une street photography à partir d’une immersion dans les rues de Moscou, Saint-Petersbourg et de Novgorod. Le livre a été conçu par la photographe dans ses moindres détails et cachent, derrière son apparente simplicité, de multiples lectures. La première page noue des correspondances avec la dernière, la seconde avec l’avant-dernière et ainsi de suite jusque la rencontre des deux photographies, placées en pleine page, et à l’exact milieu du livre.

Le fétiche est une grammaire

La première monographie retrospective de Gilles Berquet, amoureux des femmes, depuis ses toutes premières photos en 1982, jusqu’à son travail récent qui défend la liberté de disposer de son corps en dehors des codes de la beauté, au-delà des préceptes sociaux.
Michel Onfray a écrit pour l’occasion un texte sur le travail du photographe, sur sa pratique artistique et sa vision si particulière du fétichisme « Les objets sont plus que les objets, les choses, plus que les choses. Le fétiche nomme ce qu’il y a en plus de l’objet dans l’objet, ce qu’il y a au-delà de la chose dans la chose. »

Kola

Céline Clanet a parcouru durant cinq ans la Péninsule de Kola ; un territoire arctique situé à l’extrême nord-ouest de la Russie. Kola est une terre âpre, où les habitants doivent s’accomoder d’un hiver sans soleil de deux mois, et d’une année entière sous climat arctique. Le livre Kola accompagne le lecteur dans cette terre fragmentée, partagée entre des industries minières lourdes, des activités militaires secrètes et l’élevage du renne par un peuple indigène ; le tout séparé par des frontières invisibles.

Christian Garcin s’est inspiré des personnages photographiés par Céline Clanet pour écrire une nouvelle de fiction où se croisent destinées et Histoire.

Lafourcade

L’architecture est une histoire de famille passionnée chez les Lafourcade. Bruno Lafourcade, le père, crée son cabinet d’architecture en 1968 avec pour spécialité la restauration de demeures anciennes : de son côté, Dominique Lafourcade, sa femme, dessine des jardins connus dans le monde entier pour leur beauté.
Spécialisés dans la restauration de bâtiments du XVIIIe siècle essentiellement, les Lafourcade savent réinventer des ambiances et redonner un esprit à des lieux endormis. À partir d’une maison vétuste, sans cachet ou d’un site d’exception qui mérite leur intervention, ils créent des demeures qui semblent avoir toujours été là, naturellement intégrées à l’environnement. Une pratique inédite de l’architecture, de la décoration et du paysage qui dessine les contours de la maison et de l’art de vivre provençal d’aujourd’hui, où la modernité s’intègre à la tradition et vice-versa.
La famille Lafourcade nous ouvre, dans ce livre très élégant les portes de maisons secrètes, mas, bastides, châteaux, propriétés viticoles, hôtels de luxe, pure expression de leur travail et véritables lieux de plénitude, ainsi que l’intimité de leur album de famille où l’art de vivre se conjugue à la passion sous le ciel de la Provence.

46750

46 750 de João Pina aborde les violences de gangs à Rio de Janeiro (Brésil) et la transformation que la ville a connu lors de cette dernière décennie.

En 2016, alors que le monde a les yeux tournés vers les Jeux olympiques, les homicides augmentent de 20%, les braquages de 40%. 46 750 est le portrait du Rio de Janeiro de ces dix dernières années : un envers de la «ville merveilleuse», plein de contrastes et de complexités. João Pina plonge dans les guerres de gangs des favelas dont il nous rapporte des images sans compromis.

46750 , nous le découvrons à la fin du livre, est le nombre d’homicides ayant eu lieu dans la zone urbaine de Rio de Janeiro, une moyenne de 13 homicides par jour, de 2007 à 2016.

Les poèmes engagés de Viviane Salles ponctuent le livre, insérés entre les photos sur des cahiers de papier coloré.

MÈRE ET FILS

Après le choc de la mort de son compagnon, le père de son fils, Anne De Gelas s’est concentrée sur la nouvelle cellule familiale rétrécie. Mère et Fils est ce face à face, ce lien intense et au creux de cette situation la permanence de la féminité et du désir, le retour à la vie.

À travers ses textes, dessins et photographies, elle met en évidence la complexité de cette relation, la complicité comme la violence, la solitude et la tendresse.

Le changement, induit par ce face à face, vécu de manière si différente pour un fils/enfant ou une femme/mère et la vie qui se poursuit, les années qui passent et les changements physiques pour lui comme pour elle.

Rudolph Edse

Quand Michel Campeau découvre sur Ebay quelques autoportraits d’un individu se représentant avec tous les attributs du photographe, il ne connaît encore rien de Rudolph Edse. Passionné par les images du bonheur et du rêve américain que ce photographe amateur a composées avec toute sa famille, Campeau réunit alors un important corpus d’images de celui qui était un ancien ingénieur allemand émigré aux États-Unis dans les années 1950.

Le Monde à plat

En recomposant l’image, Paul Pouvreau étale le monde sous nos yeux, il en révèle la nature de palimpseste, d’accumulation de couches de sens, de matériaux et d’histoires. Il faut une infinie rigueur et autant de précision, de la part du photographe, pour que le sens circule ainsi entre les plans, entre les objets, pour qu’en l’absence de tout hiérarchie le pilier se mette à dialoguer avec le pochon, pour que le coureur enjambe le buisson, pour que les coquelicots envahissent le projet immobilier, pour qu’en somme la confusion révèle le sens caché des choses. En fait de photographie, on devrait parler à ce propos d’un acte chirurgical, d’un geste d’ouverture puis de suture de l’espace, qui viendrait rassembler ce qui jusqu’alors était séparé. (Julien Zerbone)

Trois auteurs s’emparent chacun d’un aspect particulier de l’œuvre :
le poète Charles Pennequin,
la philosophe Antonia Birnbaum,
l’historien de l’art Julien Zerbone.

LA VIE SUR TERRE

Le photographe Didier Vivien a composé en près de 40 ans d’investigation un livre documentaire exceptionnel autour du charbon et de l’histoire du Bassin minier nord-Pas-de-Calais. Il a commencé son incroyable engagement photographique dans les années 1980, au moment de la fermeture des derniers puits, poursuivant ensuite son exploration sur les mutations du paysage issues de la fin de cette industrie.
Cette immersion l’a amené vers un important travail d’historien et l’écriture de deux essais pour ce livre : une histoire sociale des enjeux du charbon des années 1720 à nos jours largement illustrée par des documents d’archives et une réflexion sur la photographie documentaire, sa pratique et ses mutations.

Les 640 pages de l’ouvrage sont divisées en deux parties :

• 1/ une archéologie des sites miniers

5 séries photographiques réalisées en noir et blanc à partir des années 1980 autour des lieux, des outils, de la culture de la mine, jusqu’à la fermeture des derniers puits du Bassin en 1990.

• 2/ une étude du territoire à l’aube du XXIe siècle

5 séries photographiques en couleur présentant les mutations et la réinvention du territoire après la fin de l’exploitation. le découpage par secteur (Denain et Valenciennes, Douai et Aniche, Hénin-Beaumont et Carvin, Lens et Liévin, Bruay-Labuissières et Auchel) permet de mettre en évidence la singularité de chaque territoire (patrimoine minier, diversité de l’habitat minier, morphologie des paysages…).

Dans l’épaisseur du paysage

Cet ouvrage retrace, avec toute la légèreté de la forme épistolaire, un échange passionnant entre un historien et un photographe autour d’une œuvre photographique exigeante qui questionne incessamment la problématique du paysage.