beaux livres : photo, architecture, art

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MARRONNAGES

Cet ouvrage réunit une sélection d’avis de recherche d’esclaves marrons (avis de marronnage) parus dans la Gazette de la Guadeloupe entre 1788 et 1847. Ces annonces de tentatives de fuites, de périlleuses échappées publiées au milieu d’autres annonces (prix du café, du sucre ou du coton), par leur banalité, renforcent la violence ordinaire vécue par les esclaves aux XVIIIe et XIXe siècles. Les photographies de Bernard Gomez, en noir et blanc accompagnent cet ensemble d’archives, à travers les paysages de Guadeloupe, autant d’empreintes, de traces de récits effarés… Les avis de recherche sont reproduits en fac-similé sur fonds noirs.

Un texte de présentation de Sylvaine Dampierre ouvre l’ouvrage et un glossaire rédigé avec Frédéric Régent au centre du livre apportent un regard plus historique et pédagogique sur certains termes utilisés dans les annonces.

Industrie

L’inventaire d’Île-de-France a depuis 40 ans cherché à déconditionner le regard sur l’industrie, appliquant aux usines les normes de prises de vues réservées jusqu’alors aux cathédrales. Peu à peu, cette iconographie du bâti, de la friche à la reconversion, s’est étoffée de gestes de travail et d’une prise en compte résolue de l’humain dans son rapport au travail.
Fort de ces milliers d’images produites, ce troisième opus de la collection « Ré-inventaire » propose un cheminement neuf et décalé dans cette aventure industrielle, sorte de travelling historique sur quarante années de pratique photographique. Depuis plus de 30 ans, les photographes de l’Inventaire suivent et alimentent la recherche des chercheurs en patrimoine industriel, sur l’ensemble du territoire.

Lycées

Au-delà de leur architecture et de leur forte emprise dans le territoire, les lycées sont des lieux de vie essentiels pour ceux qui les fréquentent, les lycéens d’abord mais aussi les enseignants et tous les personnels nécessaires à leur bon fonctionnement. Peut-on encore inventorier et rendre compte de ce lieu de vie, d’apprentissages formels ou informels, ce lieu de confrontation, de parades, d’individuation, de socialisation, de frayage, ce lieu d’imprégnation en le réduisant à l’analyse formelle de son architecture ? Que regarde t-on ? Que voit-on ? Sans pour autant répondre à l’ensemble de ces questions, le dialogue tissé entre les chercheurs et les photographes, permet de questionner les contours de ce qu’est un équipement public : des salles de classe vides aux portraits des lycéens ou personnels d’entretien, des ateliers de carrosserie aux bibliothèques patrimoniales, des couloirs aux parcs arborés…

Paysage temps

Paysage temps est la synthèse de 20 ans d’observatoire photographique du paysage sur le territoire du parc naturel régional des Vosges du Nord. L’ouvrage présente les deux faces de la problématique de l’observatoire. D’un côté la dimension artistique du travail de Thierry Girard à travers un portfolio d’images uniques, véritable invitation à la découverte de ce territoire emblématique de la ruralité ; de l’autre, une réflexion collective sur les enjeux actuels et futurs de l’observatoire comme outil de compréhension, d’analyse et de prospective pour mieux maîtriser l’évolution de nos paysages, liée de fait à l’évolution de nos modes de vie.

Les textes de Raphaële Bertho, Danièle Méaux et André Micoud constituent autant d’approches et de champs d’analyse du travail de Thierry Girard et des enjeux de l’observatoire.

Et le bleu du ciel dans l’ombre

Et le bleu du ciel dans l’ombre de Manuela Marques revient sur la singulière expérience du paysage que l’artiste a pu développer à l’invitation du musée de Lodève. Plutôt que de privilégier les grandes photographies aux points de vue spectaculaires — que les causses du Larzac ou les environs du lac du Salagou inspirent aisément —, elle a préféré expérimenter une approche plus intime et sensible du paysage. Observation, déplacement, et collecte d’éléments (pierres, bois, végétaux) font partie intégrante du développement de l’œuvre. L’artiste a, par la suite, intégré ces collectes dans des planches botaniques d’un nouveau genre ou dans de grandes compositions photographiques où illusions optiques, miroirs noirs et reflets fabriquent un nouveau point de vue : entre la vision d’un paysage et l’imaginaire que celle-ci suscite. Elle réinvente en quelque sorte un paysage à travers ce qui le constitue intrinsèquement.

Archipel

Serge Clément est un photographe québécois qui occupe une place majeure dans le champ de la photographie contemporaine canadienne. Au cours de ces 40 dernières années, son oeuvre photographique s’est particulièrement affirmée à travers les livres de photographie. Le livre est devenu un moyen d’expression aussi essentiel que les expositions. Archipel revisite ansi la production éditoriale du photographe à travers un ouvrage original où des portfolios d’images extraient de quelques-uns de ses ouvrages publiés entre 2000 et 2015 composent ce qui pourrait être une rétrospective.

Les six livres judicieusement choisis parmi une trentaine témoignent de la cohérence du photographe dans le regard qu’il porte sur la ville et de l’évolution d’une esthétique photographique singulière. Archipel est une œuvre d’art en soi constituée de photographies et de livres reconfigurés et repensés dans une nouvelle perspective.

GLISSEMENT DE TERRAIN

Beatrix von Conta questionne depuis 25 ans, sous des formes et approches différentes, le paysage contemporain dont elle relève, sans nostalgie, les signes infimes ou marquants d’une mutation en cours. Sa démarche distanciée mais sensible invite le spectateur à s’interroger sur l’infinie fragilité d’un territoire et de ses paysages. Son regard, attentif au moindre détail, s’attache à transposer la notion d’une stratification, d’un mille-feuille paysager, dont chaque couche détermine, associée et compactée aux autres, ce qui émane de l’image.

Son travail photographique est traversé et nourri par la question de la mémoire du paysage et de sa mutation plus ou moins violente.

Ainsi ce livre présente près de 20 années de photographie, recherche menée par Beatrix von Conta autour du paysage urbain ou naturel. Elle dessine une œuvre incontournable dans ce domaine. Une longue préface de Julien Zerbone introduit l’ouvrage et les textes de la photographe accompagnent et présentent chacune des séries.

Paris Goutte d’Or

Elena Perlino, photographe italienne vivant depuis peu à Paris, s’est immergée dans un quartier du XVIIIe arrondissement bien connu des Parisiens : la Goutte d’Or.

C’est un des endroits forts de la capitale, caractérisé par un brassage culturel où se côtoient plus de trente ethnies différentes. Un petit territoire comptant environ trente mille habitants.

Elena Perlino a ainsi vécu et partagé le quotidien des habitants de la Goutte d’Or, au plus proche d’eux, dans une sphère publique, mais aussi privée. De la maison à la mosquée, des lieux cachés aux petits commerces de toutes sortes, de fêtes de mariages aux grands rassemblements religieux.

Notre-Dame-des-Landes ou le métier de vivre

Un témoignage inédit et étonnant sur les modes d’habiter expérimentés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. L’ouvrage s’organise autour de plusieurs lieux emblématiques, et pour certains aujourd’hui détruits. Les dessins des étudiants et les photographies de Cyrille Weiner se répondent, émaillés de témoignages des habitants.
Un entretien entre Patrick Bouchain et Jade Lindgaard, ainsi qu’un texte de Christophe Laurens introduisent le livre. Cet ouvrage est un appel à une autre façon de vivre : l’autogestion, la tentative d’invention de nouvelles formes d’organisation collective…

De l’autre côté

L’ouvrage rassemble les travaux de trois femmes photographes originaires d’Allemagne et qui ont émigré à la fin des années 1930 vers l’Amérique du Sud en raison de la montée du nazisme en Europe. Elles ont toutes les trois suivi une formation photographique en Allemagne, dans le cadre de l’école légendaire du Bauhaus, au studio de Paul Wolff et commencé d’exercer leur métier à Berlin, Paris et Londres.