beaux livres : photo, architecture, art

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Drôles de salles

Atmosphère, atmosphère pour une plongée dans cinq salles de cinéma parisiennes. L’Escurial, le Majestic-Passy, l’Arlequin, le Majestic-Bastille et le Reflet Médicis, chacune d’elle raconte une histoire, celle de son quartier, celle des débuts du cinématographe, celle de la folie du cinéma populaire, celle du cinéma d’art et d’essai, celle de la résistance des salles grâce à une programmation de qualité. Les mots des hommes de l’ombre croisent les souvenirs de ceux qui sont sous les feux des projecteurs… Un reportage photo de Jean-Christophe Husson ponctue l’ouvrage dans une ambiance feutrée. De l’ouverture du cinéma le Royal dans un ancien hangar en 1911 (futur Escurial), à l’âge d’or des années trente, en passant par la naissance des salles de la rue Champollion dans les années 1950-1960, le livre passe derrière l’écran pour retracer la première vie de ces cinémas, côté exploitants et côté spectateurs, et raconte, au présent, le défi de l’exploitation, pour continuer à faire rêver le public des salles obscures.

Datalogie

Ce recueil de textes de graphistes, philosophes, sociologues, universitaires, géographes, anthropologues, typographes et artistes s’attaque aux big data, ces ensembles de données qui ont pénétré nos sociétés et nos systèmes de pensées. Les technologies digitales ont activé des transformations radicales dans nos échanges sociaux, nos pratiques professionnelles, notre quotidien. Nos objets technologiques communicants nous font participer à une nouvelle construction collective en produisant chaque jour sa matière première : les données. Une nouvelle réalité se dessine ainsi.

• Comment aborder ce contexte en tant que designers graphique et numérique ?

• Quelle production de signes peut rendre sensible et visible cette réalité ?

• Comment une donnée devient-elle une information ?

• Quelles formes proposer pour les outils numériques qui les véhiculent ?

• Le design peut-il concourir à ré-humaniser nos pratiques digitales ?

C’est autour de ces questions que s’est penchée une équipe de chercheurs sous la direction de Olaf Avenati et de Pierre-Antoine Chardel. Cette réflexion est enrichie par les travaux des étudiants ingénieurs de Télécom SudParis / Institut Mines-Télécom ainsi que ceux des étudiants en design graphique et numérique de l’ESAD de Reims.

Ne pas dépasser la ligne !

Cet ouvrage présente pour la première fois en France les travaux d’un théoricien majeur de la mobilité : Tim Cresswell. Ses thèses sont confrontées à la connaissance intime du fonctionnement d’Eurostar de Mikaël Lemarchand et éclairées par le regard humaniste de la photographe Géraldine Lay.

Les auteurs nous font découvrir comment l’Union européenne, l’espace Schengen et les politiques commerciales des opérateurs de transport fabriquent des expériences du mouvement différentes à travers l’exemple de deux des plus grands carrefours de la mobilité en Europe : l’aéroport de Schiphol à Amsterdam et l’espace Eurostar au sein de la gare du Nord à Paris.

Invitée à s’immerger dans ces deux espaces emblématiques de la mobilité, la photographe Géraldine Lay a participé, à travers son travail, à l’analyse des espaces et des mouvements des usagers les empruntant. Elle fige les passants et les usagers tels des comédiens jouant dans des scènes qui se déroulent sous nos yeux, les espaces de transit devenant de véritables décors de théâtre. Mais rien n’est mis en scène, seul le cadrage de la photographe leur donne un sens. Son regard permet d’ordonner et de hiérarchiser ce qui, pris dans le flux des mouvements quotidiens, ne nous apparaît jamais. Lorsqu’elle travaille dans l’espace public, la photographe nous confie : « Affectionner ces instants où tout semble posé, installé comme sur un plateau de cinéma où comme le dit Jean-Luc Godard, il faut « essayer de retrouver dans tous ces mouvements de foule le départ de la fiction » ».

Mon neveu Jeane

Depuis 1983, le photographe et écrivain Patrick Bard photographie son neveu. Il a commencé sans trop savoir pourquoi, alors que ce dernier avait seize ans. Il s’appelait alors Jean-Pierre.

Devenu transporteur routier à Sarcelles, celui-ci s’est marié tôt, a eu deux enfants. Quand sa relation au genre a commencé à changer au milieu des années 1990, Patrick Bard a continué à prendre des photos de lui. D’elle, plutôt. Car Jean-Pierre est officiellement devenu Jeanne en 2001. Jeanne a connu des hommes et des femmes, puis elle a fini par tomber amoureuse d’une femme en 2008. Deux ans plus tard, Jeanne a décidé de redevenir sexuellement un homme et a refait le chemin inverse.

Plus que tout, son neveu Jeanne a décidé que la question du genre n’était pas fixée et que ce n’était pas pour lui un problème. Mon neveu Jeanne est un livre où le lecteur suit le récit du point de vue de l’écrivain, écrit dans une veine littéraire : de la prise de conscience de son neveu à son opiniâtreté, envers et contre un milieu social et professionnel, à changer son corps pour devenir femme. Fait peu habituel par rapport à d’autres récits autour du genre : le retour à sa condition masculine après tous les combats pour assumer une féminité. Un livre de texte accompagné de photographies de Patrick Bard, mais aussi de photographies extraites de l’album de famille de Jean-Pierre / Jeanne permet de suivre, en toute intimité, la vie du personnage.

Paysages variations

On a coutume de faire du paysage une vue d’ensemble qu’offre la nature d’une étendue géographique. Dans sa Philosophie du paysage, Simmel pose une question simple : le paysage est-il une somme d’éléments disparates, ou une unité qui possède une atmosphère ou un état d’âme, autrement dit la nature est-elle un tout unifié ou non ? En fait, la nature peut-elle être pensée hors de ce que l’Homme pense d’elle ? Et lorsque l’Homme, en définissant le paysage, définit la nature, évacue-t-il pour autant la question de savoir si elle a des normes propres et indépendantes ?

Les textes et les images réunis dans cet ouvrage sont issus d’un cycle de débats intitulé « Autour du paysage comme variation artistique » organisé par La Maréchalerie, centre d’art contemporain de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles. Ils interrogent le paysage en tant que préoccupation contemporaine des architectes, des théoriciens, des artistes, autant que des usagers du territoire.

POST PETROLEUM

Malgré la prise de conscience croissante de l’assèchement des réserves pétrolières, ces questions demeurent sans réponse. Alors que le XXe siècle fut dépendant du pétrole pour se construire, ce livre étudie les conséquences sur nos mobilités d’une raréfaction énergétique pour les décennies à venir. John Urry y imagine ce que deviendraient les sociétés «débranchées » et envisage quatre scénarios pour des sociétés dépourvuesd’énergie pétrolière.

Dans ce livre-objet original, l’auteur démontre que le XXe siècle a créé l’illusion d’un futur qui aujourd’hui s’avère insoutenable, même à moyen terme. John Urry imagine les futurs possibles de nos mobilités après le pétrole et pose cette question : sans une prise de conscience politique, comment nos sociétés peuvent-elles entamer une transformation radicale pour réinventer leur rapport à l’énergie et au mouvement?

TRANCHES DE VIE MOBILE

Gaby, Martin, Émilie ou Jean, ces hommes et ces femmes dont la vie est rythmée par les transports sont au cœur de cette enquête. Le lecteur plonge dans leur quotidien raconté en bande dessinée, découvrant ainsi la diversité des situations et les différentes perceptions de cette mobilité liée au travail. Loin des clichés habituels du « grand mobile », ce livre s’immisce dans la vie quotidienne de ceux que l’on croise tous les jours…

Un texte des chercheurs ayant conduit cette enquête accompagne ces tranches de vies et vient éclairer scientifiquement les répercussions et les situations sociales liées à cette grande mobilité. L’étude s’attache à comprendre la situation des grands mobiles au sein de la société contemporaine et comment leurs modes de vie mobile s’articulent entre monde du travail et vie privée. Pour permettre un meilleur accompagnement des grands mobiles, le Forum Vies Mobiles, l’institut de recherche et d’échanges pour explorer les mobilités du futur, conclut cet ouvrage en proposant des idées pour concevoir de véritables politiques de mobilité. Il ne tiendra qu’aux entreprises et aux pouvoirs publics de s’en saisir.

Tentatives d’évasion

Clairvaux, abbaye et prison : cette double identité, aujourd’hui unique en France, ne peut que susciter des projets à l’image d’une telle singularité. C’est en s’appuyant sur le caractère exceptionnel de ce site, tant sur le plan historique et patrimonial que sur les grandes questions humanistes soulevées par le milieu carcéral qu’Anne-Marie Sallé, dès la création du festival « Ombres et lumières » en 2004, a construit un projet artistique complet autour de cette identité dont l’enfermement, volontaire ou subi, reste le dénominateur commun.

Les détenus auteurs des textes de cet ouvrage ont participé à des ateliers d’écriture et de photographie en collaboration avec les compositeurs invités du festival de musique « Ombres et lumières » et des artistes de différentes disciplines ; l’objectif – atteint comme l’atteste la qualité des textes produits – étant de libérer la parole des détenus et de leur offrir une possibilité d’évasion par la culture.

Ce travail d’écriture constitue la matière du livret pour la composition d’une création musicale pour chœur. Ainsi, plusieurs créations de Philippe Hersant et de Thierry Machuel ont vu le jour dans ce contexte.

Cet ouvrage a l’ambition de retracer cette expérience, en associant les textes
et les images des détenus aux œuvres, et interventions des artistes participants. L’ensemble de ces textes est accompagné de deux portfolios, réalisés par Jacqueline Salmon et Julien Sallé.

Au fil des pages, des textes et des images, c’est avec retenue et talent, que les détenus nous livrent leur solitude, leur nostalgie et leurs rêves.

Paysage cosa mentale

Durant ces quatre dernières décennies, le sujet « Paysage » est devenu une des problématiques majeures de la photographie contemporaine. L’essai de Christine Ollier examine et synthétise l’ampleur du renouvellement conceptuel et formel lié à cette thématique. Les notions philosophiques qui structurent cette notion aujourd’hui se sont complexifiées ; les différents courants esthétiques de notre modernité ainsi que les apports des technologies de l’image en ont élargi la vision.
Cet ouvrage présente un certain nombre de démarches artistiques exemplaires mettant en avant la complexité et la richesse de ce courant photographique contemporain. Outre la synthèse de l’auteur, il laisse une grande part aux reproductions d’oeuvres de près de 70 artistes français et étrangers.

Cet ouvrage a reçu le soutien de :
Arsenal de Metz / Artothèque de Vitré / Centre national des arts plastiques / Fondation nationale des arts graphiques et plastiques / Maison nationale des artistes de Nogent-sur-Marne / Maison des Arts Solange-Baudoux de la Ville d’Évreux / Musée de La Roche-sur-Yon / Musée de Laval

Réhabiliter le périurbain

Avec le développement des modes de communication et de transports modernes, de la fragmentation de la famille et du boom des grandes surfaces commerciales, les modes de vie des habitants des zones urbaines se sont radicalement transformés. Le retour à la nature, la taille de l’habitation et l’accès à la propriété, difficile en centre-ville, sont quelques-uns des facteurs qui ont donné place à la périurbanité dans nos sociétés occidentales dans leur quête d’un mode de vie idéal et idyllique.

Cet ouvrage mêlant réflexions autour du périurbain et photographies d’artistes contemporains, est une synthèse des interventions et des échanges qui ont eu lieu durant les deuxièmes Rencontres du Forum Vies Mobiles intitulées « Des mobilités durables dans le périurbain, est-ce possible ? ». Il est à prendre comme un exercice d’interprétation autour des enjeux relatifs à ces formes d’urbanisation contemporaines qui se développent à travers le monde, et surtout en Europe. Il est également l’expression des échanges et de la confrontation de regards entre des chercheurs, des artistes et des professionnels de l’urbain et des transports.
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Œuvres reproduites de : Maria Thereza Alves, Andreas Angelidakis, Justin Bennett, Nicolas Boone, Olivier Culmann, Patrizia di Fiore, André Mérian, Jürgen Nefzger, Maïté Pouleur, Marion Poussier, Solmas Shahbazi, Hortense Soichet, Lars Tunbjörk, Ferjeux van der Stigghel, Atelier Van Lieshout.